Arthur, 46 ans, tente de retrouver le paradis perdu de son enfance


BANLIEUE OUEST, MON AMOUR – Ils ont grandi dans les Hauts-de-Seine, à Versailles, Saint-Germain-en-Laye, ou quelque part dans les Yvelines. Ils s’étaient juré que plus jamais. Et puis ils y sont retournés.

Partir, s’en détacher, revenir : l’Ouest parisien ne se quitte jamais tout à fait. Certains l’ont fui pour s’émanciper. D’autres ont cru l’avoir laissé derrière eux, avant d’y retourner. Après notre appel à témoignages, vous avez été nombreux à nous répondre. Vos récits racontent cette contradiction intime : le désir de partir et la nostalgie de ce que l’on a perdu. Nous avons voulu comprendre ce qui attache les habitants de l’Ouest parisien à ce territoire singulier, souvent réduit à une image uniforme, mais qui recouvre, en vérité, une multitude de réalités et de trajectoires. Dans cet épisode, Arthur nous emmène à Neuilly.


Arthur est né à Neuilly, comme ses quatre frères et sœurs. À chaque naissance, ses parents déménageaient. Ils ont vécu rue des Poissonniers, rue Garnier, Pont de Neuilly, Les Sablons et avenue du Roule. C’étaient les années 90 : les enfants couraient dans les rues sans craindre de se faire renverser par une trottinette électrique, et les Neuilléens «avaient le sentiment de tous se connaître», se souvient Arthur.

«Neuilly, c’était un petit village», sourit-il à demi, en nous accueillant dans la kitchenette d’un openspace où la machine à café est toujours en panne. Arthur se souvient de cette place où il s’amusait avec ses frères et sœurs, les mercredis après-midi : la place du Général-Gouraud. À l’époque, autour de…

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