Anne Vallayer-Coster, jeune prodige de la nature morte


Alexandre Roslin, La peintre Anne Vallayer-Coster

Alexandre Roslin, La peintre Anne Vallayer-Coster, 1783

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Huile sur toile • 74 × 60 cm • Crocker Art Museum, Sacramento, California • Photo Wikimédia Commons

26 ans : c’est l’âge auquel Anne Vallayer-Coster (1744–1818) est reçue à l’Académie royale de peinture et sculpture. Exceptionnel, tant les femmes y furent peu nombreuses : 15 seulement y sont admises entre 1663 et 1793 ! Élevée dans une famille d’artisans proches de la cour, la jeune femme a d’abord fait ses armes auprès de Madeleine Françoise Basseporte, professeure de dessin des filles de Louis XV, et du paysagiste Claude Joseph Vernet. Sa spécialité : les natures mortes, qu’elle expose régulièrement au Salon et qui lui valent très jeune la reconnaissance des plus illustres esprits de son temps, comme Diderot. Son succès est tel qu’elle se fait un nom à la cour : c’est Marie-Antoinette qui signe son contrat de mariage avec Jean-Pierre Sylvestre Coster, avocat au Parlement et Receveur général ! Mais quand vient la Révolution, le vent tourne. Bien que proche du pouvoir, Anne Vallayer-Coster échappe à la Terreur et trouve refuge à Villemomble, un village situé à une vingtaine de kilomètres de la capitale. Sa carrière artistique est alors à l’arrêt et ne reprendra que timidement après 1795. Elle s’éteint à Paris en 1818.

Son œuvre

Anne Vallayer-Coster s’est illustrée dans la nature morte, genre alors déconsidéré par rapport à la grande peinture d’histoire et auquel elle donne toutes ses lettres de noblesse. En témoignent Les Attributs de la Peinture, de la Sculpture et de l’Architecture (1769), qui lui vaut d’être reçue à l’Académie royale de peinture et de sculpture, ainsi que son pendant Instruments de musique (1770), ou encore Nature morte avec brioche, fruits et légumes (1775), qui la rapproche d’un Chardin. « Mademoiselle Vallayer nous étonne autant qu’elle nous enchante. C’est la nature rendue ici avec une force de vérité inconcevable, et en même temps une harmonie de couleur qui séduit », écrivait à son propos Diderot. L’artiste s’est aussi, dans une moindre mesure, essayée à l’art du portrait – genre pour lequel elle a connu un succès plus relatif.

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