ACADEMIE D’AGRICULTURE DE FRANCE – Oméga 3 & oméga 6


Ces termes ne sont pas des slogans, ni des noms de marque. Ce sont des éléments de nomenclature des acides gras insaturés, ici en l’occurrence des acides gras polyinsaturés.

Rappel sur la nomenclature des acides gras

Il s’agit ici de la nomenclature des physiologistes et des nutritionnistes, et non celle des chimistes. Les acides gras sont désignés par :

  • Leur nombre d’atomes de carbone (de C4 à C24 pour 99 % d’entre eux). Le plus souvent c’est un nombre pair, mais il y a quelques acides gras impairs, C15, C17 par exemple, présents dans la graisse laitière.
  • Le nombre de doubles liaisons entre deux atomes de carbone. Une double liaison survient quand il n’y a qu’un hydrogène de part et d’autre de la double liaison. S’il n’y en a pas on écrira C18 : 0 (acide stéarique). S’il y en a une on écrira C18 : 1, s’il y en a deux C18 : 2, etc.
  • La place de la double liaison par rapport au groupement méthyl (CH3) terminal. Si c’est après le troisième atome de carbone on écrira C18 : 3n-3 (acide alpha linolénique), si c’est après le sixième atome de carbone on écrira C18 : 2n-6 (acide linoléique). On sait que les doubles liaisons suivantes sont toujours séparées par un carbone, on peut donc les déduire, sauf exception : ce sont les acides gras conjugués, par exemple les acides linoléiques conjugués.
  • Enfin, la configuration de la double liaison peut être cis (les deux atomes d’hydrogène du même côté) ou trans (les deux atomes d’hydrogène de part et d’autre de la double liaison).

Les familles d’acides gras

Il y a trois grandes familles d’acides gras :

  • Les acides gras saturés, eux-mêmes répartis en plusieurs groupes : acides gras à chaîne courte et moyenne (≤ 10 C), acides gras à chaîne longue (C12 à C18) et à chaîne très longue (≥ C20). Ils ont des rôles physiologiques, mais ils peuvent être synthétisés par l’organisme.
  • Les acides gras mono-insaturés : une seule double liaison et deux sous-famille n-7 (l’acide palmitoléique par exemple C16 : 1n-7) et n-9 (l’acide oléique (C18 : 1n-9) par exemple.
  • Les acides gras polyinsaturés : deux doubles liaisons ou plus, et deux sous-familles oméga 3 et oméga 6.
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Acides gras essentiels

Les acides gras essentiels sont des acides gras qui doivent être obligatoirement apportés par l’alimentation, car ils ne sont pas synthétisés par l’organisme, d’où l’appellation d’acides gras indispensables : c’est le cas de l’acide linoléique (C18 : 2n-6) et de l’acide alpha-linolénique (C18 : 3n-3) ; ou bien leur synthèse endogène est très insuffisante pour satisfaire les besoins, ce qui est le cas d’un autre acide gras de la famille oméga 3, l’acide docosa-hexaénoique (DHA) ou acide cervonique C22 : 6n-3 (22 atomes de carbone, 6 doubles liaisons).

Les sources

Les oméga 6 sont très ubiquitaires dans le monde végétal et dans le monde animal. Les oméga 3 sont moins répandus, mais présents aussi dans les deux règnes.
Les animaux terrestres et marins herbivores détiennent leur statut de l’ingestion des acides gras polyinsaturés végétaux, tandis que les animaux terrestres et marins carnivores détiennent leur statut de l’ingestion des acides gras polyinsaturés animaux. L’acide linoléique est présent dans les oléagineux (graines et noix) et donc dans les huiles qui en découlent, les huiles de tournesol, maïs, carthame, argan et soja, en sont riches. Le porc et la volaille sont aussi des sources importantes. L’acide arachidonique est présent dans la viande et les abats.

L’acide alpha-linolénique est présent dans les noix, le lin, mais aussi le soja, le germe de blé, le colza, et donc dans les huiles qui en sont issues, ainsi que dans l’huile de cameline et de périlla (rares). On en trouve aussi dans le pourpier et la mâche. Du côté des animaux, on le rencontre chez le lapin (effet de la consommation de luzerne), le gibier, les escargots, les oeufs de poule, selon l’alimentation de ces animaux.
Les ruminants nourris au pâturage et avec des graines de lin produisent une viande et un lait plus riche en oméga 3 ; de même la chair des monogastriques nourris avec des tourteaux de lin est plus riche en acide alpha-linolénique.

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L’acide timnodonique et l’acide cervonique sont essentiellement présents dans le monde marin et dans certaines micro-algues telles que schizochitrium.

Les apports conseillés

Les apports conseillés en oméga 6 (acide linoléique principalement) sont de 4 à 6 % de l’apport énergétique soit environ 10 à 12 g/jour. Ils sont globalement satisfaisants. Les besoins sont beaucoup plus bas (moins de 2 %), de sorte que les situations de carence sont très rares ; celles-ci entrainent des troubles cutanés, reproductifs, rénaux…
Les apports conseillés en acide alpha linolénique sont plus faibles : 1 % de la ration énergétique, soit environ 2 grammes par jour. Les apports observés sont deux fois plus bas en France. Toutefois le seuil de carence se situe encore plus bas.

Les apports conseillés en DHA sont de 250 milligrammes (mg) par jour, et ceux de DHA + EPA de 500 milligrammes par jour. Par déduction, on estime que ceux d’EPA sont aussi de 250 milligrammes par jour. Les apports observés en acides gras polyinsaturés oméga 3 à longue chaîne (EPA-DPA et DHA) sont de 200 à 300 mg/jour en France.
Aux États-Unis, le rapport « oméga 6/oméga 3 » est très élevé (15 à 20 pour 1), et l’apport en acides gras polyinsaturés oméga 3 à très longue chaîne (EPA + DHA) est très bas: 100 à 200 milligrammes par jour.
En France, le rapport acide linoléique /acide alpha-linolénique est d’environ 10 pour 1.

Académie d’Agriculture de France

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