À Venise, le refuge secret de Daniel Buren pour l’hôtel Cipriani


« La première fois que je suis venu à Venise, j’étais adolescent. J’y allais pour faire comme tout le monde, mais je dois dire qu’au moment où j’ai débarqué dans la gare et mis le pied sur le quai pour prendre le vaporetto, j’ai été conquis. Et je n’avais encore rien vu. » Daniel Buren (né en 1938), baskets blanches et veston noir, a le sourire solaire de ses 16 ans ce matin d’avril, lorsqu’il nous confie ce souvenir à la terrasse de l’hôtel Cipriani, où l’une de ses installations vient d’être inaugurée face à la lagune.

L’œuvre est une petite rotonde aux parois tantôt transparentes, tantôt couvertes de filtres colorés. Un abri où ne résonne que le bruissement de la fontaine de pierre qui y trône, vestige d’un passé lointain, alors que l’hôtel n’existait pas encore. C’est un îlot dans l’île, où la lagune se contemple comme un reflet. Un songe orange, bleu, rouge… Ici, la frénésie de la place Saint-Marc, les flots de touristes et les bâches publicitaires qui selon Buren ont « dégradé considérablement » Venise, semblent bien loin. Car dans ce lieu de villégiature privilégié, niché à l’extrémité est de l’île de la Giudecca, la Sérénissime n’a rien perdu de son charme suranné, ni de son imperturbable majesté.

Un jardin luxuriant et une piscine de 33 mètres



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