Elle n’aime pas être filmée, ni parler de son travail. Elle peint lentement et conduit vite, râle volontiers mais sourit tout autant. De Vija Celmins, 86 ans à ce jour, on ne sait finalement pas grand-chose.
Elle n’a pas écrit sur son œuvre et demeure très « secrète », elle le confesse elle-même. Dans l’exposition que lui consacre cet été la fondation Beyeler, on en apprend peu sur sa vie, sur sa personnalité : il n’y a qu’un court texte à l’entrée du parcours, et même le joli film qui le clôt, d’une durée de 32 minutes, est plus fait de silences que de révélations (Vija, Ila Bêka et Louise Lemoine, 2025).

Exposition Vija Celmins à la Fondation Beyeler
Mais quel travail ! Quelle implication, quelle finesse, quelles étranges obsessions que celles de cette femme qui, du début des années 1960 à aujourd’hui, n’a cessé de peindre et de dessiner avec la même délicatesse tenace qu’une araignée tissant sa toile – d’ailleurs l’artiste d’origine lettone a multiplié les dessins de toiles d’araignées constellées de gouttes d’eau, entre les ciels nocturnes, les paysages de mers et les étendues désertiques, regardées comme à la loupe, du bout de son pinceau ou de ses crayons gris.
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