À la BnF, un festival gratuit noue le dialogue entre création, IA et savoirs


« Ici, l’IA ne génère pas du faux ; elle révèle l’enfoui », tiennent d’emblée à préciser les organisateurs. « Ici », c’est à la Bibliothèque nationale de France où s’est installée la première édition du festival Noûs. Dans le hall du site François-Mitterrand, sont réunis, jusqu’au 19 avril, huit projets artistiques inspirés du vertigineux catalogue d’ouvrages conservés par l’institution. Dans cet océan de savoir, l’intelligence artificielle sert de révélateur. Et d’un artiste à l’autre, les approches sont variées.

De sa plongée dans les archives de la BnF, la jeune artiste designer Audrey Large retient cette question : qui a le droit de laisser une trace de son savoir ? Assistée par l’IA, elle a ainsi croisé des actes de procès en sorcellerie et des traités savants du XIe au XVIIe siècles pour faire apparaître d’étonnantes similitudes entre les pratiques condamnées et celles des autorités médicales officielles. Ses stèles combinant sculpture 3D et peinture [ill. en une] redonnent alors corps au savoir empirique de femmes n’ayant pas eu accès à l’écriture. Un savoir invisible car non archivé…

Des sirènes aux plantes du futur

Connue pour ses œuvres numériques, Justine Emard a quant à elle exploré les fonds de la base numérique Gallica de la BnF pour partir à la découverte d’une chimère : la sirène. Le petit pavillon immersif qu’elle a édifié comme une grotte sous-marine fait défiler en son sein un cortège de sirènes produites par IA à partir d’un vaste corpus d’images allant du Moyen Âge jusqu’à Henri Matisse. Ailée ou à queue de poisson, monstrueuse ou séduisante, la sirène interprétée par l’algorithme n’en finit pas de muter, jusqu’à s’autodétruire. Une métaphore, nous dit-elle, des modèles d’apprentissage automatique (LLM), aussi fascinants que funestes.

Festival NOÛS, Le chant des Sirènes – image de travail

Festival NOÛS, Le chant des Sirènes – image de travail




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Plus loin, le collectif Obvious, précurseur des recherches à la croisée de l’art et de l’IA – on se souvient de leur Portrait d’Edmond de Belamy créé de toute pièce en 2018 –, déploie une gigantesque fresque envahie d’une végétation fictive, générée par IA à partir de planches de botaniques conservées à la BnF. Cette biodiversité de science-fiction, qui suit la logique du nombre d’or, est conçue pour répondre à des problématiques écologiques spécifiques. En permettant d’analyser les savoirs d’autrefois, l’IA aiderait-elle à mieux écrire le monde de demain ?

Penser autrement l’utilisation de l’IA

Festival NOÛS, OBVIOUS, Etape de travail

Festival NOÛS, OBVIOUS, Etape de travail




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Succincte, cette exposition n’en pose pas moins un regard pointu et juste sur la création assistée par IA aujourd’hui, loin des idées reçues. La performance de l’outil n’efface ici en rien le geste du créateur, intelligent et sensible.

Fruit d’un partenariat entre le magazine photo Fisheye — également spécialisé dans l’art immersif – et la filiale BnF-Partenariats, cet événement est ponctué de performances, de projections et de tables ronde. « Pourquoi la technologie a besoin des artistes : perspectives internationales » et « Données culturelles et IA : nouveaux enjeux pour les bibliothèques nationales » sont quelques-uns des passionnants sujets abordés ce week-end. Un détour qui prolonge à merveille l’autre exposition du moment à la BnF, « Cartes imaginaires. Inventer des mondes ».


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Noûs, festival art & IA

Du 9 au 19 avril 2026 à la BnF-François Mitterrand

Plus d’informations sur le site de la BnF


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BnF – Site François Mitterand

Ouvert tous les jours sauf le lundi de 10 h à 19 h et le dimanche de 13 h à 19 h





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