À Bruxelles, le surréalisme doublement célébré pour ses 100 ans


Cent ans et pas une ride ! En 1924, André Breton publie à Paris le Manifeste du surréalisme. Plus qu’un mouvement, c’est une révolution qui ambitionne de bouleverser la vie pour mettre l’imagination au pouvoir… Une aventure qui traverse les décennies pour ne s’éteindre qu’avec la mort de son fondateur en 1966. À moins qu’il ne faille considérer, comme certains, que le surréalisme est toujours bien vivant, comme c’est le cas en Belgique. À Bruxelles, les deux institutions majeures du Mont des Arts viennent sonder cette nébuleuse aussi irrévérencieuse que profonde.

Les musées royaux des Beaux-Arts voient les choses en grand avec « Imagine ! 100 Years of International Surrealism », soit 140 pièces de différents médiums qui offrent un panorama du courant à travers le monde, avec des œuvres phares comme Prémonition de la guerre civile de Salvador Dalí (1936) [ill. en Une], venue du Philadelphia Museum of Arts, ou bien L’Ange du foyer ou Le Triomphe du surréalisme de Max Ernst (1937) [ill. ci-dessous], huile sur toile rarement sortie de sa collection particulière.

Max Ernst, L’Ange du foyer ou Le Triomphe du surréalisme

Max Ernst, L’Ange du foyer ou Le Triomphe du surréalisme, 1937

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huile sur toile • 114 × 146 cm • Coll. particulière • © Adagp, Paris, 2024

Des cadavres exquis du groupe parisien aux paysages mentaux d’Yves Tanguy, des Mobiles d’Alexander Calder aux Objets désagréables d’Alberto Giacometti, le champ est large ; et les chefs-d’œuvre nombreux. La part belle est consacrée au premier surréalisme des années 1920–1940, mais les prolongements du courant sont aussi abordés, comme l’influence outre-Atlantique, sur le jeune Jackson Pollock, frappé par l’automatisme, ou encore sur le Cubain Wifredo Lam, dont les visions témoignent d’une diffusion internationale des idées de Breton et consorts.



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