à Avignon, les artistes inquiets des coupes budgétaires dans le spectacle vivant interpellent Emmanuel Macron


Metteurs en scène, chorégraphes ou techniciens se sont adressés au chef de l’État à l’issue d’une représentation de Maldoror signée Julien Gosselin dans la Cour d’honneur du Palais des papes, dimanche soir.

Des metteurs en scène programmés au festival d’Avignon ont exhorté Emmanuel Macron à annuler « immédiatement » les coupes budgétaires dans le spectacle vivant qui menacent, selon eux, de « défaire ce que des décennies de politique culturelle ont patiemment construit ».

« L’heure est venue de choisir de quel côté de l’histoire vous voulez vous tenir. Ne soyez pas celui qui aura tout détruit », indique leur tribune lue dimanche soir à Avignon et signée notamment par Julien Gosselin, qui a ouvert le « In » d’Avignon avec la pièce « Maldoror  », et Rébecca Chaillon qui y présente « La parabole du seum ». 

Interpellation du président par Julien Gosselin à la fin de la représentation de Maldoror au Festival d’Avignon.
Julien Gosselin/ Instagram


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En amont du festival, 28 structures du spectacle vivant, dont de nombreux opéras et des orchestres, avaient déjà écrit au président français pour dénoncer l’annulation de dotations prévues pour le second semestre 2026. Selon le ministère de la Culture, une partie de ces fonds seront versés, toutefois, seul 10% du montant total sont en négociation avec Bercy.

Un budget jugé dérisoire au regard des enjeux

Pour les signataires, l’urgence est telle qu’elle justifie une prise de parole affirmée. « Les coupes budgétaires à répétition et celles qu’on nous annonce nous obligent à crier, tant il y a urgence », écrivent les auteurs de la tribune, alors que le budget de la culture ne représente selon eux que 0,7% du budget de l’État.

Les signataires y défendent également une conception du secteur culturel égal au service public. « Le service public de l’art et de la culture n’est pas davantage un privilège accordé aux artistes que l’hôpital ne l’est aux soignants, ou l’école à celles et ceux qui y enseignent. Il est un bien commun », écrivent ces professionnels, parmi lesquels figurent également des chorégraphes et des techniciens.

Au travers de la tribune, le constat de cette nouvelle réalité établit alarme « Spectacles déprogrammés, saisons amputées à la dernière minute, équipes artistiques, techniques et administratives précarisées et épuisées, lieux contraints de renoncer à leurs missions… Est-ce ce paysage de ruine que vous voulez laisser derrière vous ? », interrogent les professionnels.



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