À Amsterdam, le musée des artistes-taxidermistes Darwin ouvre ses portes


Un musée original va bientôt ouvrir ses portes à Amsterdam ! Dans une belle demeure du XVIIe siècle sur le canal Herengracht, en plein cœur de la capitale des Pays-Bas, le Art Zoo Museum proposera dès le 26 juin un parcours où des animaux naturalisés composent des installations artistiques flamboyantes…

Des tigres prêts à bondir, des oiseaux exotiques jaillissant de leurs étagères, des rapaces agrippant des serpents dans leurs serres, un crocodile à la gueule ouverte enserré de cordes rouges, des volatiles rose vif perchés sur la mâchoire d’un T-rex grandeur nature… Né sous l’impulsion de Darwin, un duo d’artistes-taxidermistes néerlandais – Jaap Sinke (52 ans) et Ferry van Tongeren (57 ans) – qui ont réalisé ensemble toutes les œuvres exposées, ce musée joue avec les codes des cabinets de curiosités pour former d’étonnants tableaux en trois dimensions.

Perroquets verts s’envolant d’une cage

Perroquets verts s’envolant d’une cage

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Photo Darwin, Sinke & Van Tongeren

Désirant « élever la taxidermie au rang d’art », les deux hommes ont donc naturalisé des animaux pour les mettre en scène dans des compositions théâtrales inspirées de tableaux animaliers de maîtres du Siècle d’or néerlandais comme Melchior d’Hondecoeter, Jan Asselijn, Jan Weenix et Frans Snyders. Dans l’une des pièces du musée, la pose défensive d’un cygne, ailes déployées, pattes écartées, rend ainsi hommage à un tableau visible au Rijksmuseum d’Amsterdam : Le Cygne menacé de Jan Asselijn (1650).

Des artistes qui rendent hommage aux animaux

Ara rouge et vert

Photo Darwin, Sinke & Van Tongeren

Modèles pour peintres animaliers, trésors décoratifs, spécimens de muséums, trophées de chasse… Comme le rappelle bien le musée de la Chasse et de la Nature à Paris, la taxidermie est associée à de multiples usages liés bien souvent à la domination et la chosification de l’animal par l’homme. En ces temps de respect grandissant de l’animal et de son bien-être, cette pratique ancienne reste (même si elle est réinventée par certains artistes contemporains) controversée.

C’est pourquoi les deux artistes insistent sur le fait que tous les animaux du musée vivaient dans des zoos et sont morts de causes naturelles. Sinke et Van Tongeren « utilisent la taxidermie pour rendre hommage à la nature, à la beauté d’animaux extraordinaires, et éveiller les consciences quant à la fragilité de la biodiversité », précise la directrice de l’établissement, Eva Krook.

Devenus taxidermistes en 2011, les deux plasticiens, qui travaillaient auparavant dans le milieu de la publicité, se sont fait connaître à l’international lorsqu’en 2015, l’artiste Damien Hirst a acquis un grand nombre de leurs œuvres pour les intégrer à sa collection personnelle exposée à la Newport Street Gallery de Londres. Leur travail a également rejoint les collections de plusieurs musées néerlandais, dont celle du Stedelijk à Amsterdam.

Un musée dans une demeure emblématique d’Amsterdam

Rénové en 2022, l’écrin du musée vaut en lui-même le détour : il s’agit de la maison Vasari, l’une des fameuses Cromhouthuizen, quatre demeures à pignons de grès construites entre 1660 et 1662 en plein cœur d’Amsterdam pour le riche marchand Jacob Cromhout par un architecte renommé de l’époque, Philips Vingboons. Ce bâtiment historique, remarquable pour son escalier ovale rococo, ses plafonds peints par Jacob de Wit (1695–1754) et sa cuisine ancienne, possède également une jolie cour-jardin et un élégant café-bar.





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