L’Espagne profite des troubles au Moyen-Orient, avec 6% de touristes étrangers supplémentaires attendus cet été. De quoi franchir la barre symbolique des 100 millions de visiteurs annuels, jusqu’ici réservée à la France.
L’Espagne va peut-être boxer dans la même catégorie que la France dans le domaine touristique. Alors que notre pays avait été le seul jusqu’ici à dépasser la barre des 100 millions de visiteurs étrangers sur une année, notre voisin pourrait bien nous rattraper en 2026. Environ 43 millions de touristes étrangers sont attendus cet été, soit 6 % de plus que sur la même période l’an dernier, entre juin et septembre.
96,8 millions de touristes accueillis en 2025
En 2025, l’Espagne, deuxième pays le plus visité au monde derrière la France, avait déjà établi un record historique avec 96,8 millions de touristes accueillis, soit une progression de 3,2 % sur un an. Une dynamique qui, selon le ministre du Tourisme Jordi Hereu, ne devrait pas s’essouffler : « Nous atteindrons probablement les 100 millions si cette tendance se poursuit. Ce serait une évolution tout à fait naturelle », a-t-il déclaré lundi.
Cette fréquentation record profite à l’économie, l’Espagne surclassant déjà l’hexagone en recettes touristiques : le gouvernement évalue à 64 milliards d’euros (73 milliards de dollars) les revenus du secteur entre juin et septembre, en hausse de 10 % sur un an — de quoi confirmer le rôle du secteur comme moteur de la croissance espagnole, devant ses homologues européens.
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Une résilience à toute épreuve
Premier moteur de cette accélération : l’incertitude qui règne au Moyen-Orient. Depuis plusieurs mois, les tensions dans la région détournent une partie des voyageurs des destinations locales, au profit des pays du sud de la Méditerranée — l’Espagne en tête. Le gouvernement table ainsi sur une hausse des arrivées comparable à celle observée au printemps, et ce malgré la guerre menée alors par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
La tendance devrait se confirmer dans la durée : d’ici au 1er octobre, le nombre de visiteurs pourrait tutoyer les 80 millions, un chiffre supérieur aux prévisions des autorités. « Il y a trois mois, nous pensions que le conflit au Moyen-Orient pourrait freiner les arrivées de touristes, mais les chiffres montrent une résilience remarquable malgré les circonstances », a souligné M. Hereu.
L’éclipse, alliée inattendue
Si les destinations balnéaires traditionnelles doivent continuer de progresser, ce sont les régions de l’intérieur qui pourraient enregistrer les plus fortes hausses cet été, portées notamment par l’éclipse totale de Soleil attendue en août, visible sur une large bande de l’Espagne rurale et du nord du pays.
De nombreux hébergements y afficheraient déjà complet. Un phénomène que le gouvernement entend mettre à profit. En orientant les flux vers des régions moins connues, Madrid espère aussi soulager les destinations côtières les plus fréquentées, où la surfréquentation suscite une contestation croissante des habitants. M. Hereu a d’ailleurs appelé les gouvernements régionaux à mieux gérer l’offre touristique, alors que la demande devrait continuer de croître.
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