«J’ai commis une maladresse, la République n’a évidemment pas à s’occuper de la promotion de l’islam»


ENTRETIEN – Le ministre de l’Intérieur s’explique sur la polémique créée par ses propos sur le voile et sur l’islam. Il fait également un bilan de la lutte contre l’islamisme, avec des milliers de contrôles et de poursuites engagées.

LE FIGARO. – Comprenez-vous l’émoi provoqué lorsque, le 12 mars dernier, à la Grande Mosquée de Paris, vous avez déclaré que vous ne serez pas «celui qui ira expliquer à des jeunes filles musulmanes que, en portant le voile, elles menacent le vivre-ensemble républicain» ?

Laurent NUÑEZ. – Oui, je le comprends et j’assume. Comme je l’ai fait à l’occasion d’autres ruptures du jeûne du ramadan ou auprès des membres du Forum de l’islam de France, j’ai d’abord rappelé que je suis et resterai intraitable à chaque fois que l’on essaie de faire passer les lois religieuses avant celles de la République. Je l’ai répété comme ministre de l’Intérieur, mais aussi comme coauteur, depuis une dizaine d’années, de tous les textes adoptés pour renforcer la lutte contre le terrorisme, le séparatisme et l’entrisme. Mais j’ai toujours dit aussi que, dans ce combat, il faut susciter l’adhésion de nos compatriotes musulmans et non les stigmatiser. C’est dans cette optique que j’ai cité, à la Grande Mosquée…

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