À Milan, quand le design devient spectacle


Où voir en un même lieu et le même jour une œuvre de Bob Wilson, un décor de Jean-Charles de Castelbajac et une exposition consacrée au « rôle du design dans les prisons » ? Nulle part ailleurs qu’à Milan au mois d’avril, quand la ville célèbre le design avec le Salone del Mobile, indissociable du Fuorisalone, cet ensemble d’événements qui fait de la capitale lombarde un point de ralliement international.

Né de manière spontanée, le off du salon a commencé à se faire remarquer aux débuts des années 1980, époque où le lancement de la première collection du groupe Memphis avait provoqué une onde de choc. Encore modeste à la fin de la décennie – on comptait alors environ 80 rendez-vous –, le off s’est peu à peu développé, s’étendant hors du centre-ville et gagnant d’autres secteurs que le meuble (l’automobile, l’électroménager, les cosmétiques, l’horlogerie…) pour connaître une croissance de plus en plus folle. Cette année, Fuorisalone annonçait pas moins de 1 066 présentations.

Bob Wilson, Michel-Ange et Arvo Pärt

Une chose est sûre, la dimension culturelle du Salone del Mobile s’affirme. Après David Lynch en 2024, c’était au tour du réalisateur Paolo Sorrentino (la Grande Bellezza, Youth) d’investir un espace au sein de l’un des pavillons d’exposition de la foire. Avec la Dolce Attesa (la Douce Attente), Sorrentino a donné sa vision de ce que pourrait être un environnement propice pour recevoir un diagnostic médical de la façon la moins anxiogène possible. En ville, une installation et un spectacle ont complété cette proposition.

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