Érigée sur une colline (d’où son nom) à 56 kilomètres au sud-ouest de Bruxelles et 75 kilomètres de Lille, Mons est l’ancienne capitale des comtes de Hainaut. Cette ville belge francophone, qui est depuis 2002 la capitale culturelle de la Wallonie, fut aussi en 2015 capitale européenne de la culture. Des titres mérités au vu des lieux intéressants qu’elle abrite !
De sa nouvelle gare futuriste digne d’un décor de Star Wars à la petite « Maison du marais » où séjourna Vincent van Gogh, en passant par les superbes sculptures Renaissance de la collégiale Sainte-Waudru, les expositions innovantes de son musée des Beaux-Arts, le nouveau parcours interactif de son hôtel de ville, ou encore le Mundaneum, incroyable ancêtre de Google, Mons abrite des trésors aussi variés que surprenants. En voici sept qui méritent un détour.
1. La gare de Mons : une arrivée cosmique

L’intérieur de la gare de Mons, 2024
Est-ce un vaisseau spatial ou une cathédrale du futur ? Dès la sortie du train, la visite de la ville commence fort avec ce bâtiment exceptionnel conçu par l’architecte espagnol Santiago Calatrava, dont les lignes pures en acier blanc impressionnent. Évoquant depuis l’extérieur une soucoupe volante, elle renferme une fusion inattendue entre une nef gothique et un décor à la Star Wars. Inauguré le 31 janvier 2025 après 20 ans de travaux compliqués, cet édifice de 165 mètres de long, qui a coûté pas moins de 480 millions d’euros (soit treize fois le budget initial), a obtenu le prix Versailles 2025 des plus belles gares du monde.
2. La collégiale Sainte-Waudru de Mons : des trésors Renaissance insoupçonnés

Le chœur et maître-autel de la collégiale de Mons : trois reliefs de Jacques Du Brœucq, 2023
© Yvan Travert / akg-images
Ne vous fiez pas à son allure un peu austère : cette église de style gothique brabançon renferme d’incroyables trésors ! Située à cinq minutes à pied de la gare, sa construction débutée en 1450 a duré près de deux siècles et demi. On y découvre surtout de superbes sculptures de la Renaissance, vestiges du jubé réalisé au XVIe siècle par l’artiste Jacques Du Brœucq – en particulier, l’immense et virtuose bas-relief de la Résurrection (1547) et un ensemble de statues remarquables, auxquels s’ajoutent notamment 21 vitraux du XVIe siècle (l’ensemble le plus complet de Belgique), une châsse néogothique ornée de pierres précieuses, et un flamboyant char de procession en bois sculpté et doré du XVIIIe siècle, qui parade une fois par an dans les rues de la ville.
3. L’hôtel de ville de Mons, fraîchement restauré et ouvert au public avec un parcours interactif

L’hôtel de ville de Mons, 2014
© Photo Sergey Dzyuba / Alamy / Hemis
Avec sa belle façade ouvragée surmontée d’un campanile vert, l’hôtel de ville domine fièrement la Grand Place de Mons. Inscrit sur la liste du patrimoine exceptionnel de la région wallonne, ce bâtiment, dont les parties les plus anciennes remontent au XIVe siècle, vient d’être entièrement restauré par de nombreux artisans, jusqu’à ses tableaux et dorures délicates. À l’intérieur, on admire entre autres sa salle néogothique avec boiseries du XIXe siècle, cheminée géante et tapisseries, qui accueillait les réunions et réceptions du bourgmestre ; ainsi que la salle des mariages, qui abrite depuis l’an 2000 d’incroyables fresques de l’artiste Gérard Garouste.
Pour la première fois, cet hôtel de ville est ouvert au public, qui peut le découvrir grâce à un parcours de visite immersif innovant, combinant casque audio et dispositifs ludiques, élaborés en collaboration avec Beaux Arts Consulting (du groupe Beaux Arts & Cie auquel appartient Beaux Arts Magazine) : miroirs et chaises longues permettant d’admirer des blasons peints au plafond, vitrines à allumer pour consulter des documents historiques (dont la précieuse prestation de serment de Charles Quint), bornes interactives, dispositifs tactiles et sonores, installation participative pour s’interroger sur ses propres engagements citoyens… L’idée ? Raconter l’histoire citoyenne de ce lieu – et, à travers lui, celle de la démocratie, dont la nécessité mérite plus que jamais d’être rappelée.
4. Un dialogue entre Hockney et la peinture du XIXe siècle dans une étonnante expo olfactive et symphonique au CAP de Mons

Vue de l’exposition « David Hockney. Le Chant de la Terre » au CAP-musée des Beaux-Arts de Mons, 2025
Relié par un tunnel à « la Maison des collections » (petit musée de ville dans un édifice ancien) et à un jardin en accès libre depuis la rue pour former un complexe muséal baptisé CAP, le musée des Beaux-Arts de Mons (BAM) présente chaque année plusieurs expositions temporaires sur plus de 2 000 m² dans un bâtiment contemporain. La belle et étonnante exposition « David Hockney – Le Chant de la Terre » s’y déploie actuellement sur trois étages. Avec pour fil conducteur une symphonie de Gustav Mahler en hommage à la nature, le peintre britannique y est présenté en dialogue avec la musique et la poésie, des créations olfactives et une constellation d’artistes du XIXe siècle, dont Vincent van Gogh et Edvard Munch. Un cheminement à travers les saisons et les éléments, jusqu’à atteindre une forme de transcendance dans le mystère des montagnes nimbées de nuages…
5. Le beffroi de Mons : une vue imprenable sur la ville

Le beffroi de Mons situé en haut d’une colline, 2010
© Photo Karolina Vyskocilova / Alamy / Hemis
L’écrivain Victor Hugo le décrivait injustement comme « une énorme cafetière, flanquée […] de quatre théières moins grosses » ! Construit entre 1661 et 1672 par Louis Ledoux et Vincent Anthony, le beffroi de Mons fait pourtant partie des beffrois de Belgique et de France reconnus en tant que patrimoine mondial par l’UNESCO. Cette ravissante tour baroque couronnée de bulbes, dotée d’une horloge et dont les 49 cloches carillonnent joyeusement tous les quarts d’heure, abrite un centre d’interprétation dédié à son histoire et offre depuis son sommet un panorama exceptionnel sur la plaine, les collines et terrils environnants.
6. Le Mundaneum : l’étonnant ancêtre de Google aux 15 000 tiroirs

L’espace muséal du Mundaneum : scénographie signée Francois Schuiten et Benoît Peeters
© Mundaneum / Photo Frédéric Raevens
Transféré dans ce bâtiment de Mons où il a rouvert au public en 1998, le Mundaneum se trouvait à l’origine, de 1920 à 1934, à Bruxelles, dans une aile du parc du Cinquantenaire où il avait fini par occuper une centaine de salles. Outre un parcours muséal qui raconte son histoire, on retrouve ici les 15 000 petits tiroirs en bois où étaient classées les fiches de cette étonnante encyclopédie géante. Fondée à la fin du XIXe siècle par deux pionniers utopistes, Paul Otlet et Henri La Fontaine, ce « Google de papier », qui comprend de vastes collections d’archives (coupures de presse, planches encyclopédiques…), avait en effet pour but ambitieux de réunir dans un même lieu toutes les connaissances du monde. Ce qui lui vaut d’être considéré aujourd’hui comme l’ancêtre du web, de Wikipédia et des moteurs de recherche.
7. La « Maison du marais » : là où Vincent van Gogh décida de devenir peintre

La maison Van Gogh dite la « Maison du marais » : musée dans le village de Cuesmes près de Mons, 2023
© Clement Philippe, Arterra Picture Library / Alamy / Hemis
À dix petites minutes en voiture de la ville, ne manquez pas « la Maison du marais », où Vincent van Gogh décida de devenir peintre ! Cette modeste demeure rustique de Cuesmes, où le Néerlandais séjourna de juin à octobre 1880, a été restaurée dans les années 1970 par des bénévoles, puis acquise par la Ville de Mons en 1976. Située dans le Borinage, région houillère belge où Van Gogh exerce comme évangéliste à partir de 1879, cette simple bicoque en briques est alors un temple protestant où il assiste un pasteur et loue une chambre. Encouragé par son frère Théo, et inspiré par la vie quotidienne des paysans locaux, il se met à dessiner… Une scénographie immersive avec intérieur reconstitué, reproductions de ses œuvres boraines, borne interactive et projection vidéo redonne désormais vie à cet épisode décisif. L’une des étapes incontournables du réseau Van Gogh.
Le Grand Hornu : un ancien complexe de charbonnage industriel du XIXe siècle, transformé en lieu d’exposition, situé à une dizaine de kilomètres de Mons.
Le Mumons : le musée de l’Université de Mons, qui conserve des milliers d’ouvrages précieux, d’œuvres d’art, d’instruments scientifiques…
Le musée des Arts décoratifs François-Duesberg : qui dévoile pendules, pièces d’orfèvrerie, faïences…
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