150 ans après, l’impressionnisme est-il toujours bien vivant ?


Côté pile, il y a toujours les records de fréquentation d’expositions et les prix de vente stratosphériques des quelques œuvres circulant encore sur le marché. Dernier coup d’éclat en novembre 2023, à New York, où un émouvant tableau tardif de Claude Monet, le Bassin aux nymphéas (1917–1919), s’envolait à 74 millions de dollars. Il faut dire qu’il s’agissait là d’une œuvre presque inédite, d’un chef-d’œuvre littéralement redécouvert, soigneusement préservé des regards depuis 1972 dans une collection privée.

Frénésie du marché donc, mais aussi du public : 918 000 visiteurs au compteur en 2010 pour la grande rétrospective « Monet au Grand Palais », et pas moins de 352 000 visiteurs sur un sujet pourtant bien singulier proposé en 2022 à l’Orangerie, « Le décor impressionniste »

Une exposition inédite

Claude Monet, Les Coquelicots, près d’Argenteuil

Claude Monet, Les Coquelicots, près d’Argenteuil, 1873

i

huile sur toile • © Bridgeman Images

C’est donc pour éviter de priver un public avide d’impressionnisme mais éloigné de Paris que cet anniversaire prend la forme d’une initiative inédite : le musée d’Orsay a décidé d’irriguer plus de 30 musées français de sa pléthorique collection impressionniste, en y déplaçant, depuis janvier, des tableaux majeurs.

« Du nord au sud – de Tourcoing jusqu’à l’île de La Réunion –, d’ouest en est – de Limoges à Ornans –, le public pourra se rappeler que si la France est le pays des Lumières, ce n’est pas seulement pour ses philosophes mais aussi pour ses peintres, qui les ont fait jaillir sur leurs toiles », expliquait Christophe Leribault, alors président du musée d’Orsay, lors de la présentation de l’événement. Et de poursuivre : « La lumière des impressionnistes, c’est aussi celle qu’ils ont faite sur la réalité de leur époque, celle des nouvelles modes et des nouvelles mœurs, des labeurs et des loisirs, d’un Paris qui s’était réinventé et de campagnes qui se transformaient. »



Source link