10 balades culturelles insolites à faire en Île-de-France


Ça y est, les beaux jours arrivent et, avec eux, des envies de belles balades ! Si possible, loin de l’agitation parisienne, particulièrement intense à l’approche du coup d’envoi des Jeux olympiques, le 26 juillet prochain…

Rien de tel donc, pour s’aérer l’esprit, que de partir à la découverte des trésors insolites de l’Île-de-France. Bonne nouvelle : ils sont nombreux ! Une incroyable église troglodytique dans le Val-d’Oise, l’extraordinaire Cyclop de Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle à Milly-la-Forêt, l’exubérant château d’Alexandre Dumas au Port-Marly… En route !

1. Le Cyclop, un gentil monstre caché dans la forêt de Fontainebleau

« Le Cyclop » réalisé par Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle avec 14 autres artistes entre 1969 et 1994 à Milly-la-Fôret (Essonne)

« Le Cyclop » réalisé par Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle avec 14 autres artistes entre 1969 et 1994 à Milly-la-Fôret (Essonne)

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© akg-images / CDA / Guillemot / St-Genès / ADAGP, Paris 2024

Après avoir hiberné tout l’hiver, le Cyclop, caché au cœur de la forêt de Fontainebleau, ouvre grand son œil et voit arriver, dès que le printemps pointe le bout de son nez, les premiers curieux. Ce géant qui culmine à 22,5 mètres de hauteur n’est autre que l’œuvre géniale de Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle. Entourés de leurs amis artistes, ils ont, entre 1969 et 1994, et dans le plus grand secret, œuvré à la création de ce gentil monstre, aussi impressionnant de l’extérieur que de l’intérieur. Cet étonnant visage couvert d’une grandiose mosaïque de miroirs renferme en effet bien des surprises, telles qu’une Chambre renversée signée Daniel Spoerri, des compressions de César, un circuit à billes… Sept moteurs animent, dans un joyeux vacarme, cette bête qui reflète l’esprit foutraque et libertaire de ses auteurs !

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Le Cyclop – Milly-la-Forêt

2. La laiterie de la Reine, un havre de fraîcheur au cœur de Rambouillet

La salle de fraîcheur située dans la laiterie de la Reine au château de Rambouillet

La salle de fraîcheur située dans la laiterie de la Reine au château de Rambouillet

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© Centre des Monuments Nationaux / Photo Colombe Clier

Depuis l’extérieur, cela ressemble à un petit temple d’inspiration antique. Pourtant, cette laiterie construite dans le domaine de Rambouillet (Yvelines) à la demande de Louis XVI pour Marie-Antoinette risque bien de vous surprendre ! À l’intérieur, une première salle en forme de rotonde, dite « de dégustation », donne le ton. Son décor (restauré et un peu revu par Napoléon), évoque la vie rurale. On s’émerveille d’autant plus dans la seconde salle, dite « de fraîcheur », qui abrite une fantastique grotte formée par d’imposants rochers, dans laquelle se niche une sculpture de Pierre Julien, Amalthée et la chèvre de Jupiter (1787) ! Aujourd’hui encore, on imagine bien les jets d’eau qui, du temps de Marie-Antoinette, rafraîchissaient la pièce…

3. La chocolaterie Menier, trésor du patrimoine industriel à Noisiel

Ancienne chocolaterie Menier à Noisiel : le moulin Saulnier (1872), sur la Marne

Ancienne chocolaterie Menier à Noisiel : le moulin Saulnier (1872), sur la Marne

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Photo Myrabella / Wikimedia Commons / CC BY-SA 3.0

C’est ici qu’est née la première tablette de chocolat ! Fondée à Paris en 1816 par l’industriel Jean Antoine Brutus Menier, la chocolaterie Menier s’est rapidement installée à Noisiel (Seine-et-Marne). C’est là, sur les bords de la Marne, que s’est développé un véritable complexe industriel dont le point d’orgue est ce moulin comme posé sur l’eau, dessiné par l’architecte Jules Saulnier puis construit par l’ingénieur Armand Moisant entre 1869 et 1872. Véritable bijou Art nouveau, il arbore une structure métallique apparente et des décors en briques polychromes de toute beauté. L’endroit, qui a abrité jusqu’en 2017 le siège de Nestlé, se visite aujourd’hui avec un guide.

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Moulin Saulnier – Chocolaterie Menier

4. Le Moulin Jaune : l’antre magique d’un clown mythique

À gauche, le Moulin Jaune conçu par le clown Slava (2001), à Créçy-la-Chapelle. À droite, vue d’une installation éphémère sur la rivière du « Jardin rouge » située en contrebas du Moulin

À gauche, le Moulin Jaune conçu par le clown Slava (2001), à Créçy-la-Chapelle. À droite, vue d’une installation éphémère sur la rivière du « Jardin rouge » située en contrebas du Moulin

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© Le Moulin Jaune / Photo Anna Bogodist

Le lieu est à l’image de son créateur, le clown Slava Polunin : joyeux, festif et déjanté ! Cet ancien moulin entièrement peint en jaune (d’où son nom, le Moulin Jaune) se dresse au bord d’une rivière à Crécy-la-Chapelle (Seine-et-Marne), tel un château sorti d’un conte de fées. Lieu de vie et de création, il s’agit d’un véritable laboratoire artistique dédié à l’univers du cirque, doté d’un jardin remarquable peuplé d’installations toutes plus fantaisistes les unes que les autres. À noter que le lieu accueille les visiteurs seulement à la belle saison, durant des journées portes ouvertes dont les dates sont annoncées sur son site internet : des moments magiques et inoubliables en perspective !

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5. La Closerie Falbala, une fantaisie monumentale signée Jean Dubuffet

Jean Dubuffet, Closerie Falbala

Jean Dubuffet, Closerie Falbala, entre 1971 et 1973 (remanié jusqu’en 1976)

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Époxy et béton projeté peints au polyuréthane • 1610 m2 • Coll. Fondation Dubuffet, Périgny Sur Yerres • © Fondation Dubuffet / Photo J. O. Rousseau / ADAGP, Paris 2024

On se croirait victime d’hallucinations et pourtant ce monumental dédale de formes blanc et noir, qui s’élève au beau milieu d’un cadre verdoyant, n’a rien d’un mirage ! Il s’agit d’une œuvre de Jean Dubuffet de plus de 1 600 mètres carrés, toute en béton recouvert de peinture polyuréthane. À l’intérieur de cet improbable ensemble se niche la Villa Falbala, qui abrite en son cœur un Cabinet logologique, une étonnante grotte de méditation dont les murs sont couverts de dessins abstraits rouge, bleu et noir… Prêts à tenter l’expérience ?

6. Le château de Monte-Cristo, tout l’univers d’Alexandre Dumas au Port-Marly

À gauche, le château de Monte-Cristo conçu par Hippolyte Durand (entre 1844 et 1847) au Port-Marly. À droite, le château d’If, cabinet de travail d’Alexandre Dumas

À gauche, le château de Monte-Cristo conçu par Hippolyte Durand (entre 1844 et 1847) au Port-Marly. À droite, le château d’If, cabinet de travail d’Alexandre Dumas

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© Monte-Cristo / Photo JP Baudin

En 1844, Alexandre Dumas publie dans les pages du journal Le Siècle son fameux roman Les Trois Mousquetaires. Le succès est tel que l’auteur peut alors envisager non seulement de rembourser ses dettes, mais aussi de s’acheter une maison de campagne. Il jette alors son dévolu sur un coteau de vignes au Port-Marly (Yvelines), où il fait construire son château de Monte-Cristo, nommé ainsi en hommage au personnage principal de son deuxième roman historique. Richement décorée, la façade de style Renaissance est un véritable temple de la littérature où sont sculptés les portraits de Homère, Dante, Goethe ou encore Chateaubriand et Shakespeare ! À l’intérieur, place à un décor des plus grandiloquents, avec un salon mauresque réalisé par des artisans du bey de Tunis. Dumas, qui se considérait comme un « forçat de l’écriture », a aussi fait construire aux abords de l’étonnante bâtisse un cabinet de travail qu’il nomme « château d’If », comme la prison où est détenu le comte de Monte-Cristo dans son roman éponyme. Sur sa façade néogothique figurent les titres des 82 ouvrages de Dumas. De quoi peut-être inspirer vos prochaines lectures ?

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Château de Monte-Cristo

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7. Le désert de Retz, une oasis de verdure à Chambourcy

Vue de la colonne détruite conçue par François Nicolas Henri Racine de Monville en 1781 dans le parc paysager du désert de Retz à Chambourcy

Vue de la colonne détruite conçue par François Nicolas Henri Racine de Monville en 1781 dans le parc paysager du désert de Retz à Chambourcy

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© Mairie De Chambourcy / Photo Nicolas Vercellino

Ne vous attendez pas à trouver au désert de Retz du sable à perte de vue ! Au XVIIIe siècle, époque à laquelle il a vu le jour, on entendait par « désert » un lieu où l’on pouvait se retirer et recevoir en faisant fi de l’étiquette. Créé par François Nicolas Henri Racine de Monville, un aristocrate féru de botanique, ce fabuleux jardin à fabriques anglo-chinois, situé à Chambourcy (Yvelines), s’étend sur dix-sept hectares et est parsemé d’une dizaine de petites constructions insolites (les fameuses « fabriques ») telles qu’une glacière en forme de pyramide, une tente tartare, un temple dédié au dieu Pan ou encore une ruine d’église gothique. Clou du spectacle : une immense colonne détruite, fausse ruine qui abritait la résidence principale de François Nicolas Henri Racine de Monville !

8. L’église troglodytique de l’Annonciation, la pépite méconnue du Val-d’Oise

Vue de l’église troglodytique de l’Annonciation à Haute-Isle, dans le parc naturel régional du Vexin

Vue de l’église troglodytique de l’Annonciation à Haute-Isle, dans le parc naturel régional du Vexin

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© Alamy / Hemis / Photo JM Quinet

C’est la seule église troglodytique d’Île-de-France ! Située à Haute-Isle, dans le Val-d’Oise, elle a été creusée à même la falaise en craie entre 1670 et 1673, sous l’impulsion de Nicolas Dongois, seigneur des lieux. Seul son clocher coiffé d’un toit en ardoise, qui s’élève au milieu des herbes, est en maçonnerie. Classée aux monuments historiques depuis 1926, l’église accueille aujourd’hui encore des offices et des cérémonies religieuses. Le reste du temps, elle se visite gratuitement sur rendez-vous.

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Église troglodytique de l’Annonciation

144 route de la Vallée • 95780 Haute-Isle

Renseignements au secrétariat de la mairie au 01 34 79 73 24

Plus d’informations.

9. Le jardin des sculptures de la Dhuys, un petit Cambodge à Chessy

Vue des sculptures de Jacques Servières dans le jardin de sculptures de la Dhuys à Chessy

Vue des sculptures de Jacques Servières dans le jardin de sculptures de la Dhuys à Chessy

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À l’origine de cet hallucinant jardin ? La volonté d’un homme, Jacques Servières, qui depuis 1987 sculpte dans les pierres de l’aqueduc de la Dhuys, détruit par un bombardement en 1939, de monumentales silhouettes aux formes rebondies. Certaines mesurent près de quatre mètres ! Aujourd’hui, quarante statues, inspirées par le site archéologique d’Angkor au Cambodge, peuplent ce fascinant jardin, où l’on peut aussi voir se balader, selon les jours, son créateur…

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Jardins des sculptures de la Dhuys

Renseignements par téléphone au 01 64 02 15 15

10. Le musée Fragonard de l’École vétérinaire de Maisons-Alfort : attention les yeux !

Vue de la salle des « écorchés » du parcours permanent des collections du musée Fragonard de l’école vétérinaire de Maisons-Alfort

Vue de la salle des « écorchés » du parcours permanent des collections du musée Fragonard de l’école vétérinaire de Maisons-Alfort

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© akg-images / Photo Jacques Torregano

Âmes sensibles, s’abstenir… Ou pas ! Car il serait franchement dommage de se priver d’une visite au musée Fragonard de l’École vétérinaire de Maisons-Alfort (Val-de-Marne) ! Créé en 1766, en même temps que l’École royale vétérinaire de Paris, c’est l’un des plus anciens musées de France. Cet endroit atypique, héritier des cabinets de curiosités, renferme une collection unique dédiée aux animaux domestiques (squelettes, moulages…) mais aussi les fameux écorchés d’Honoré Fragonard, chirurgien et cousin du célèbre peintre rococo ! Parmi ces dernier, « le cavalier », c’est sûr, ne manquera pas de vous faire frissonner !

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Musée Fragonard de l’École vétérinaire de Maisons-Alfort



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