William Hogarth en 2 minutes


En bref

Peintre et graveur anglais, William Hogarth (1697–1764) est connu pour ses portraits mordants de la société anglaise du XVIIIe siècle, versant parfois dans la satire. Hogarth est l’un des premiers grands peintres anglais à attirer l’attention en France, suscitant notamment l’admiration de Denis Diderot. Si ses tentatives dans le domaine de la peinture d’histoire n’aboutissent pas au succès escompté par l’artiste, il acquiert une grande reconnaissance dans le champ de la scène de genre. Hogarth devient populaire en illustrant, dans des suites de tableaux, les déboires et les débauches de personnages contemporains. Il diffuse largement ses œuvres par le procédé de la gravure, en parfait homme d’affaires !

William Hogarth, Le Peintre et son carlin

William Hogarth, Le Peintre et son carlin, 1745

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Huile sur toile • 90 × 69,9 cm • Coll. Tate Britain, London • © Wikimedia Commons

Il a dit

« Mon tableau est une scène et les personnages sont les acteurs. »

Sa vie

Un jeune apprenti d’origine modeste

Né à Londres, où il passe sa vie, William Hogarth est originaire d’une famille cultivée quoique modeste. En 1714, le jeune garçon entre en apprentissage dans l’atelier d’un graveur. Il apprend également à peindre auprès de James Thornhill. Le jeune homme ne parvient pas à s’imposer dans la peinture d’histoire… mais il réussit fort bien dans la scène de genre contemporaine !

Des compositions théâtrales

Le talent d’Hogarth s’exprime dans son goût pour la composition, qu’il veut dynamique, vivante, théâtrale. L’artiste s’intéresse à la société de son temps, qu’il traite avec une grande vivacité d’esprit. Hogarth innove en développant des suites de scènes de genre, popularisées par la gravure, sur des thèmes contemporains.

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Un annonciateur de la bande dessinée ?

En 1722, il rencontre un grand succès grâce à la parution d’une série de gravures tirées de ses tableaux sur la vie d’une prostituée. Dans « The Rake’s Progress » (1733–1734), il illustre dans une suite de huit tableaux la chute d’un jeune héritier anglais, plongé dans la prostitution et ruiné par sa débauche. D’autres séries traitent du libertinage, du mariage ou encore des ambitions politiques. L’artiste envisage ses suites comme un ensemble de scènes théâtrales, et s’inspire d’ailleurs de comédies et de pièces de son temps. Certains historiens de l’art et cinéastes voient en lui l’annonciateur de la bande dessinée ou du storyboard.

Une peinture morale

Le but de Hogarth est foncièrement moral. Il dépeint le ridicule, la cupidité, l’arrivisme et la dépravation qui peuvent concerner les hommes et les femmes de son temps. Hogarth se montre volontiers féroce, satirique ou dramatique.

Graveur et homme d’affaire avisé

Le médium de la gravure a permis de diffuser et de populariser son œuvre, Hogarth est d’ailleurs un défenseur du droit d’auteur. Il parvient en effet à faire voter une loi au Parlement interdisant à des éditeurs de reproduire les œuvres d’un artiste sans son consentement. La gravure lui assure d’importants revenus, car l’artiste est aussi un homme d’affaires avisé.

Au cœur des débats esthétiques des Lumières

William Hogarth s’engage dans le débat théorique de son époque portant sur le beau, sujet qui passionne le philosophe des Lumières Denis Diderot, rédacteur d’un article sur ce thème dans L’Encyclopédie. Hogarth publie, quant à lui, un traité, The Analysis of Beauty (L’Analyse de la beauté) en 1753. L’artiste défend la ligne ondoyante, serpentine, qu’il qualifie de gracieuse. Seule une ligne dynamique est capable, selon lui, d’intéresser le regard.

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Rupture d’anévrisme

L’artiste connaît une fin de vie difficile. Il se querelle avec les éditeurs, les politiques, les journalistes, les fanatiques religieux, en raison de ses œuvres engagées. En effet, dans les années 1760, il est contre la guerre qui oppose les Britanniques aux Français, et ne s’en cache pas. Hogarth est un universaliste et un pacifiste. Plein d’aigreur, et miné par ces conflits, il subit une rupture d’anévrisme et s’éteint une nuit d’octobre 1764.

Ses œuvres clés

William Hogarth, Le poète dans la détresse

William Hogarth, Le poète dans la détresse, 1729–1736

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Huile sur toile • 65,9 cm × 79,1 cm • Coll. Birmingham Museum & Art Gallery, Birmingham • © Photo Birmingham Museums & Art Gallery

Le Poète dans la détresse, 1729–1736

Influencé par un texte moqueur d’Alexander Pope, Hogath met en scène la vie d’un poète médiocre, vivant dans un grenier sans confort avec son épouse. Une visiteuse semble venir réclamer le paiement d’une dette. Le poète, lui, est présenté comme manquant d’inspiration. Cette scène de genre est représentative du ton volontiers satirique de Hogarth, observateur de la société contemporaine.

William Hogarth, Le Mariage à la mode : le Contrat de mariage

William Hogarth, Le Mariage à la mode : le Contrat de mariage, avant 1743

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Huile sur toile • 69,9 × 90,8 cm • Coll. The National Gallery, Londres • © Wikimedia Commons

Le Mariage à la mode : le Contrat de mariage, avant 1743

Hogarth s’amuse des conventions sociales, en s’inspirant de pièces de théâtre et comédies contemporaines. Dans une suite de six tableaux, il dépeint ainsi les étapes conduisant au mariage entre aristocrates, davantage motivé par l’argent que par l’amour. Ici, un comte, tenant son arbre généalogique, reçoit le contrat de mariage de son fils. La dot de la future mariée est sur la table. La suite de la série témoigne de l’échec de cette union, entre ennui et adultère. Comme toutes les séries de Hogarth, elle est popularisée par la gravure.

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William Hogarth, Les Domestiques de Hogarth

William Hogarth, Les Domestiques de Hogarth, 1750–1755

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Huile sur toile • 62 × 75 cm • Coll. Tate Britain, London • © Wikimedia Commons

Les Domestiques de Hogarth, 1750–1755

Préoccupation qui n’est pas si ordinaire, Hogarth s’intéresse aux populations humbles de la société anglaise. Il représente ici ses propres domestiques, les traitant comme des têtes de caractère. L’artiste ne déploie aucune satire mais plutôt une lecture bienveillante. Tous ont d’ailleurs l’air bon, affables et sincères, à la différence des membres de la haute société, souvent méchamment traités par l’artiste qui montre leurs vices et leur revers de fortune.



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