Il s’agit de la première exécution au Japon depuis l’arrivée au pouvoir de la première ministre Sanae Takaichi en octobre dernier. La précédente, celle de Takahiro Shiraishi, le «tueur de Twitter», qui avait assassiné et démembré neuf personnes, remontait à juin 2025.
Un condamné à mort a été exécuté vendredi au Japon pour l’incendie d’une salle de jeu en 2009 qui avait fait cinq morts, ont annoncé les autorités nippones. Il s’agit de la première exécution au Japon depuis l’arrivée au pouvoir de la première ministre Sanae Takaichi en octobre dernier. La précédente, celle de Takahiro Shiraishi, le «tueur de Twitter», qui avait assassiné et démembré neuf personnes, remontait à juin 2025. Sunao Takami, l’homme de 58 ans exécuté vendredi, avait arrosé d’essence une salle de pachinko – sorte de jeu de billard vertical utilisant des billes métalliques – à Osaka, près de son domicile, avant d’y mettre le feu, tuant quatre clients et un employé.
Le Japon et les États-Unis sont les seuls membres du G7 à recourir à la peine de mort. Malgré des critiques notamment sur la lenteur des procédures et les conditions d’exécution, l’opinion nippone y reste très majoritairement favorable. Selon une enquête du gouvernement menée en 2024, 83% des personnes interrogées estimaient la peine de mort «inévitable». L’étude a toutefois également montré que la proportion de ceux favorables à son abolition était passée à 17%, contre 9% cinq ans plus tôt. Le procédé fait néanmoins l’objet de vive critiques, les condamnés à mort n’étant généralement informés que le matin même de leur exécution imminente par pendaison.
Avant l’exécution de 2025, la précédente remontait à juillet 2022, avec la pendaison de Tomohiro Kato, condamné pour avoir tué sept personnes en 2008 à Tokyo en fonçant sur la foule avec un camion avant de poignarder des passants. Il y a également eu trois exécutions en 2021, trois en 2019 et 15 en 2018, avait indiqué l’an dernier le ministère de la Justice à l’AFP. Parmi les personnes exécutées en 2018 figuraient le gourou Shoko Asahara et douze anciens membres de la secte apocalyptique Aum Shinrikyo, à l’origine de l’attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo en 1995, qui avait fait 14 morts.
Erreurs judiciaires
La loi japonaise prévoit que les exécutions doivent être réalisées dans les six mois suivant un jugement définitif, une fois tous les recours épuisés. Dans les faits, cependant, la plupart des détenus attendent leur sentence pendant des années, voire des décennies, avec des conséquences parfois graves sur leur santé mentale. Plusieurs erreurs judiciaires se sont par ailleurs produites.
Le cas le plus célèbre est celui d’Iwao Hakamada, qui a passé des décennies dans le couloir de la mort pour un quadruple meurtre commis en 1966 avant d’être finalement libéré en 2014 puis définitivement innocenté en 2024 à l’âge de 88 ans. Un tribunal a jugé que les enquêteurs avaient falsifié des preuves et a estimé que cet ancien boxeur avait subi des «interrogatoires inhumains destinés à lui arracher des aveux».
Il a été le cinquième condamné à mort à obtenir un nouveau procès dans le Japon d’après-guerre. Les quatre affaires précédentes ont elles aussi débouché sur des acquittements. Les défenseurs des droits ont également dénoncé ce qu’ils qualifient de «justice de l’otage», une pratique consistant à maintenir des suspects en détention provisoire pendant de longues périodes et à faire pression sur eux pour qu’ils avouent.
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