« Triomphe électoral de l’AfD, le pari de la radicalité »


Plus le parti d’extrême droite se radicalise, plus il engrange électoralement. Comme si les Allemands voulaient s’affranchir de façon spectaculaire de décennies de culpabilité.

Aux cris de « Sieg Mund ! » – le nom détourné de son nouveau champion -, l’extrême droite est en position de gouverner un des seize Länder allemands pour la première fois depuis 1949, après la victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt. Le choc est brutal à Berlin et en Europe. En particulier pour Friedrich Merz, dont la fin de règne se profile déjà, dix-huit mois après son arrivée à la Chancellerie. Il avait promis de diviser par deux le score de l’AfD en adoptant un programme ancré à droite, prônant la fermeté sur l’immigration. L’AfD a doublé la mise et la coalition de Merz ne tient plus qu’à un fil.

En ex-RDA, le ver est dans le fruit pour la CDU depuis le « Wir schaffen das » d’Angela Merkel en 2015 et l’afflux de réfugiés syriens. Sa rupture avec la devise de Konrad Adenauer, « Rien à droite de la CDU », a ouvert un espace, investi par l’AfD à la faveur de la crise de la dette grecque. Comme ailleurs en Europe, le national-populisme fait désormais figure, outre-Rhin, d’alternative…

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