Témoignage d’agriculteur – Une première expérience en tournesol ternie par les attaques de corbeaux


Installé dans l’Oise, Guillaume Le Pogam fait face cette année à d’importantes attaques de corbeaux sur maïs et tournesol, qu’il teste pour la première année. Malgré les leviers de lutte déployés, les dégâts sont bien présents. Sur 6,5 ha de tournesol semés, il n’en compte que plus 3,5 viables environ.

Comme en témoignait Gilles VK, agriculteur du Loiret, il y a environ deux semaines, les semis de printemps sont particulièrement malmenés par les attaques de ravageurs (limaces, oiseaux…) cette année encore. Dans l’Oise, Guillaume Le Pogam déplore notamment les attaques de corbeaux dans ses maïs et tournesols. Il a pourtant mis en œuvre, dès le départ, différents moyens de lutte : « effaroucheurs visuels, utilisation d’un pistolet à pétard… On essaie aussi de passer trois fois par jour sur les parcelles pendant la phase critique mais rien n’y fait, les corbeaux semblent s’y être habitués », constate l’agriculteur. « Dans les terres argileuses, c’est un peu compliqué, en plus, d’enfoncer les graines », précise-t-il. Outre les oiseaux, le producteur remonte aussi les attaques de lièvres et de limaces : « j’ai dû acheter de l’anti-limaces cette campagne alors que je n’en avais pas utilisé dans mes parcelles depuis 2011 ». 

C’est la première année que Guillaume Le Pogam teste la culture du tournesol, notamment pour compenser avec la nouvelle Pac le fait de ne pas semer de colza cette campagne (sécheresse). Aujourd’hui, sur 6,5 ha de tournesol semés, il n’en compte plus que 3,5 environ de viables. L’agriculteur attend d’avoir tous les éléments en main afin de soumettre les modifications nécessaires pour sa déclaration Pac, mais il tient à souligner  « le besoin de souplesse au niveau réglementaire. En agriculture, on travaille tous les jours avec la nature et ses aléas ».

« Nous ne sommes plus sûrs de récolter ce qu’on a semé »

« La date est désormais dépassée pour envisager un re-semis en tournesol, et ce serait vraiment la limite pour le maïs, surtout avec le temps chaud et sec actuel. En plus, avec le prix de la dose aujourd’hui, cela pose question… » Il avait tenté un re-semis de maïs (2 ha sur 6) il y a 2 ans, qui n’avait pas été concluant. Le producteur pense plutôt semer un couvert de phacélie et de vesce… avant la céréale suivante.

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« Avec le changement climatique, nous ne sommes plus sûrs de récolter ce qu’on a semé », estime Guillaume Le Pogam. « On observe une hausse des températures depuis 1996, mais 2019 a été une vraie fracture. Depuis on cumule les déficits pluviométriques et les hivers doux… ». En 2020, la sécheresse et les soucis de ravageurs à la levée avaient entraîné une baisse de rendement de 20 % à la récolte du maïs. 

Pour ce printemps, c’est le retour de températures plus fraîches après les semis qui ont ralenti la levée des cultures. Le maïs accuse, en effet, un certain retard, comme le souligne le dernier rapport Céré’Obs. Au 29 mai, 92 % des surfaces avaient atteint le stade levée, contre 98 % à la même date en 2022 et 95 % sur la moyenne des 5 dernières années. Et le stade 6-8 feuilles visibles concerne 36 % des surfaces, contre 66 % en 2022 et 44 % pour la moyenne quinquennale. S’ils manquent de vigueur, les plants sont plus sensibles à la prédation.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux agriculteurs partagent en images des problématiques similaires. Exemples avec Lorine dans les Deux-Sèvres, Guillaume Perdereau dans le Loiret et Quentin B. en Haute-Marne : 





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