Tarsila do Amaral, une pionnière des avant-gardes au Brésil


C’est au Brésil, au sein d’une riche famille de producteurs de café, que Tarsila do Amaral a vu le jour en 1886. Mariée et mère de famille, elle s’initie à 30 ans à la peinture auprès de Pedro Alexandrino Borges, figure importante du réalisme brésilien. Maîtrisant le français depuis l’enfance, elle embarque en 1920 pour Paris, où elle suit les cours de l’Académie Julian.

Deux ans plus tard, la voilà de retour dans son pays natal. Elle rejoint O Grupo dos Cinco (« le groupe des cinq ») qui rassemble des figures du modernisme brésilien. En 1923, retour à Paris : Tarsila do Amaral est invitée au Salon des artistes français. Elle fréquente alors la fine fleur des avant-gardes – Blaise Cendrars, Jean Cocteau, Robert Delaunay

Tarsila do Amaral vers 1925

Tarsila do Amaral vers 1925

Durant les années 1920, sa période la plus prolifique, elle multiplie les allers-retours entre la capitale française et le Brésil. Son engagement politique la mène, en 1931, à Moscou. L’année suivante, elle s’engage dans son pays contre le dictateur Getúlio Vargas. Considérée comme une sympathisante communiste, elle est par la suite emprisonnée.

Tarsila do Amaral ne cessera de peindre jusqu’à sa disparition en 1973. À la fin de sa vie, son travail est reconnu par de nombreuse institutions internationales : elle participe ainsi à la première biennale de São Paulo en 1951, représente le Brésil à la biennale de Venise de 1964… En France, ses œuvres ont récemment été présentées dans les expositions « Pionnières » (2022) et « Le Paris de la modernité » (jusqu’au 14 avril au Petit Palais). Son œuvre demeure malgré tout méconnue du grand public.

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Son œuvre

Tarsila do Amaral, Abaporu

Tarsila do Amaral, Abaporu, 1928

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huile sur toile • 85 × 72 cm • Coll. MALBA, Buenos Aires • © Tarsila do Amaral Licenciamento e Empreendimentos Ltda

Dès son premier séjour parisien, Tarsila do Amaral s’imprègne de la langue des avant-gardes. Dès lors, elle repousse les limites de la figuration, distillant dans sa peinture colorée toutes sortes de formes étranges aux lignes courbes, qui confèrent à son œuvre une dimension irréelle, presque surréaliste avant l’heure. Toute son œuvre, qui a largement inspiré le Manifeste anthropophage d’Oswald de Andrade (1928), met en lumière la culture de son pays natal. Dans les années 1930, elle prend un tournant marqué par un réalisme social. Ce n’est qu’une décennie plus tard que l’artiste reviendra au style onirique de ses débuts.

Où la voir ?

En Amérique latine : au Brésil évidemment (au musée d’Art contemporain de São Paulo et à la Pinacothèque de l’État de São Paulo) ou bien en Argentine (au musée d’Art latino-américain de Buenos Aires). En France, le musée de Grenoble possède A Cuca (1924). Pour finir sur une bonne nouvelle : à Paris, le musée du Luxembourg consacrera à Tarsila do Amaral une grande rétrospective, à partir d’octobre 2024 !

Du 9 octobre 2024 au 5 février 2025

museeduluxembourg.fr



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