Sony veut encore croire au jeu service, malgré un bilan compliqué


Sony n’a visiblement pas abandonné son ambition dans le jeu service. Dans une interview accordée à Famitsu, Hideaki Nishino, président de Sony Interactive Entertainment, explique que PlayStation veut continuer à investir ce secteur, avec l’objectif de toucher un public mondial et de “revitaliser le marché” grâce à des productions first party et third party.

Sur le principe, difficile de ne pas comprendre l’intérêt. Un jeu service qui fonctionne peut rapporter pendant des années, fédérer une communauté durable et offrir une récurrence que le jeu solo traditionnel ne permet pas toujours. Le problème, c’est qu’entre vouloir son Fortnite maison et réussir à l’imposer, il y a un gouffre. Et Sony l’a découvert de manière assez concrète.

Certes, Helldivers 2 a prouvé que PlayStation pouvait réussir sur ce terrain. Mais derrière ce succès, le bilan est nettement moins flatteur. Concord s’est imposé comme l’un des accidents industriels les plus spectaculaires de ces dernières années, au point d’entraîner la fermeture de Firewalk Studios. Quant à Bungie, racheté notamment pour son expertise dans le jeu service, le studio traverse une période compliquée, entre difficultés autour de Destiny 2, restructurations et interrogations autour de Marathon, et une vague de licenciements qui a commencé ces dernières heures.

Et le problème ne s’arrête pas là. D’autres projets live service au sein des PlayStation Studios ont également été abandonnés en cours de route, à commencer par The Last of Us Online, le fameux projet multijoueur de Naughty Dog longtemps associé à Factions. On peut aussi citer le projet multijoueur Spider-Man chez Insomniac, aperçu via les fuites internes du studio, qui illustre lui aussi cette période où Sony semblait vouloir greffer du jeu service un peu partout dans son écosystème.

C’est là que le discours de Sony devient difficile à défendre. Bungie devait être le professeur particulier de PlayStation sur le live service. Pour l’instant, on a surtout l’impression que l’élève et le professeur cherchent encore la salle de classe.

Nishino rappelle aussi que les jeux solo resteront importants pour PlayStation, tandis que les jeux service viseront naturellement la PS5 et le PC. C’est logique parce que un jeu service a besoin du plus grand bassin de joueurs possible. Mais cela montre aussi que ce modèle demande une culture très différente de celle qui a fait la réputation de PlayStation entre contenu régulier, rétention, monétisation, équilibrage permanent et gestion communautaire sur la durée.

Sony a les moyens de réussir, et il serait naïf de penser que le groupe va abandonner un marché aussi lucratif. Mais à ce stade, il est difficile de présenter cette stratégie comme gagnante. Entre les annulations, les fermetures, les turbulences chez Bungie et les paris encore incertains, le jeu service ressemble davantage à un chantier coûteux qu’à une nouvelle poule aux œufs d’or.



Source link

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


85 + = 93