Au cours du débat où les cinq candidats à la primaire de l’espace social-démocrate s’affrontaient pour la première fois ce mercredi soir, Jérôme Guedj a jugé «l’injonction» de Ségolène Royal «incroyable».
La question de Gaza a donné lieu à une vive passe d’armes entre les candidats à la primaire de l’espace social-démocrate, mercredi soir sur LCI. Au cours d’un débat courtois et terne jusque-là, Ségolène Royal, interrogée sur l’antisémitisme en France, a estimé que sa «montée très inquiétante» était «due» aux «actuels dirigeants d’Israël». «Moi, je crois qu’au contraire, il faudrait plus de voix israéliennes et juives pour dire que ce qui se passe est absolument intolérable», a-t-elle déclaré, estimant que cela permettrait de «freiner la montée de l’antisémitisme», car «les gens mélangent tout». «Les gens se disent: ce sont les juifs en général. Mais non, c’est Netanyahou et ceux qui l’entourent», a-t-elle ajouté.
Ces propos ont suscité la réaction outrée de Jérôme Guedj. Le député socialiste s’est dit «très choqué» par ce qu’il considère comme une «injonction incroyable» faite aux Français juifs. «On n’a pas demandé aux Français musulmans de hausser la voix pour se désolidariser des crimes commis par Daech, fort heureusement, parce que ce sont des Français avant d’être des musulmans», a-t-il lancé, jugeant que cette approche allait à l’encontre de «l’universalisme républicain». Levant les yeux au ciel, Ségolène Royal lui a répondu qu’«il faut accepter les nuances» et les points de vue de chacun, avant de lui demander de «ne pas caricaturer la pensée des autres».
«Attention aux mots»
Raphaël Glucksmann a lui aussi contesté la position de l’ancienne ministre. «Ce n’est pas aux juifs de dénoncer [Benyamin] Netanyahou», a-t-il affirmé, mais «aux démocrates, aux humanistes». Le candidat de Place publique a appelé à «faire attention aux mots qu’on emploie», dans un contexte «tellement inflammable avec la montée de l’antisémitisme». Il s’est également dit favorable à des sanctions contre le premier ministre israélien pour montrer qu’«il y a un coût» aux crimes commis par les dirigeants israéliens.
La discussion s’est poursuivie sur la qualification de la situation à Gaza. Ségolène Royal a défendu l’emploi du terme de «génocide». «Si les mots sont importants, il faut reconnaître le génocide», a-t-elle soutenu. Raphaël Glucksmann a refusé de reprendre cette qualification, préférant s’en tenir aux termes utilisés par la Cour pénale internationale (CPI), qui a évoqué des «crimes contre l’humanité» et des «crimes de guerre». Ce premier débat télévisé réunissait les cinq candidats de la primaire, Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel. Le vote des militants est prévu les 9 et 10 octobre pour le premier tour, puis les 16 et 17 octobre pour le second.
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