Saint-Germain-en-Laye décline à sa façon le blocus des lycées


REPORTAGE – La cité royale, avec ses 11 collèges et 12 lycées, est l’un des principaux pôles scolaires de l’Ouest parisien. Ce mardi, au lendemain d’affrontements violents, quatre établissements ont été fermés. Les élèves, eux, s’approprient les nouveaux codes de la mobilisation lycéenne.

Une feuille volante à la main, un groupe d’adolescents erre dans les rues de Saint-Germain-en-Laye. Il est 10h30. Ils ont 15 ans et sont élèves au lycée privé Jean-Paul II, à Sartrouville, situé à 8 kilomètres de là. S’ils ne sont pas en classe ce mardi, c’est qu’ils ont dû «battre en retraite». «Hier (lundi), il y a eu des violences au lycée Évariste-Galois, qui n’est pas très loin du nôtre, et il y a eu des rumeurs concernant notre lycée. Donc les profs ont préféré qu’on vienne ici», raconte Émilie*, scolarisée en seconde. Munis de leurs feuilles et livrés à eux-mêmes, ces lycéens ont pour mission de se promener dans la ville et de noter ce qu’ils voient de beau. Avec eux, leurs correspondants argentins, «qu’on a emmenés pour éviter qu’ils soient victimes de quoi que ce soit».

Puis, pour étayer son propos, Émilie ouvre son application Snapchat. Son écran déborde de flammes, de fumée et de policiers qui courent. «C’est ça qu’on voit tous les jours sur TikTok et Snapchat en ce moment, commente-t-elle

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