sa vie et son œuvre en 2 minutes


François Morellet (1926–2016) en bref

Peintre, graveur et sculpteur, François Morellet est l’une des grandes figures de l’abstraction géométrique. Un art fait de lignes, de formes simples et de quelques couleurs, sans sujet ni décor. Sa manière de créer tient en une idée : au lieu de peindre au gré de son inspiration, il se donne une règle du jeu et l’applique sans tricher. Le résultat se veut froid mais son humour, lui, ne l’est jamais.

devant un un objet cinétique de l’exposition « Art constructiviste : éléments et principes » à la première biennale de Nuremberg en 1969

devant un un objet cinétique de l’exposition « Art constructiviste : éléments et principes » à la première biennale de Nuremberg en 1969

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© akg-images / Angelika Platen

Il a dit

« Ma règle principale, c’est d’en faire le moins possible : faire le moins possible de choix, le moins possible de décisions subjectives. »

La vie de François Morellet en quelques dates

Un industriel qui peint

Né le 30 avril 1926 à Cholet, dans une famille d’industriels du jouet. Il peint dès l’adolescence et étudie le russe à l’École des langues orientales. En 1948, il entre dans l’entreprise familiale, qu’il dirigera jusqu’en 1975, menant de front l’usine et la peinture.

De la figuration aux systèmes

Autour de 1950, il abandonne la figuration. L’exemple de Mondrian, puis l’art concret du Suisse Max Bill, découvert au Brésil, le poussent vers une peinture débarrassée de tout geste personnel. Dès 1952, il fixe une règle à l’avance et s’y tient, quel que soit le résultat. En 1958, il laisse même le hasard décider, en tirant des chiffres au sort.

Le néon et l’espace

Dès 1963, il adopte le tube de néon au moment où l’Américain Dan Flavin en fait autant. Ses titres, truffés de jeux de mots, annoncent la règle de chaque œuvre. À partir des années 1970, il quitte le tableau pour les lieux : des lignes courent sur des murs entiers et des zigzags suivent les décimales du nombre π. En 1971, sa première grande œuvre murale couvre le plateau de la Reynie, face au chantier du futur Centre Pompidou ; elle disparaîtra en 1976.

Le GRAV

En 1960, il cofonde le Groupe de recherche d’art visuel (GRAV) avec Horacio Garcia Rossi, Julio Le Parc, Francisco Sobrino, Joël Stein et Yvaral. Leur pari : une œuvre qui n’existe que si le visiteur la regarde bouger ou la met en mouvement. Ils bâtissent des labyrinthes, des salles où la lumière clignote et des images qui semblent trembler sous l’œil, ce qu’on appelle l’art optique et cinétique. Le groupe se sépare en 1968.

La consécration

Les rétrospectives se succèdent : Centre Pompidou (1986 et 2011) et Jeu de Paume (2000). En 2010, le Louvre lui confie les vitraux de l’escalier Lefuel – rares sont les artistes vivants dont une œuvre s’inscrit ainsi, à demeure, dans l’architecture du palais. Resté fidèle à sa ville natale, où il travaille jusqu’au bout, il y meurt le 11 mai 2016.

Ses œuvres clés

Répartition aléatoire de 40 000 carrés suivant les chiffres pairs et impairs d’un annuaire de téléphone, 50 % bleu 50 % rouge, 1960

François Morellet, Répartition aléatoire de 40 000 carrés suivant les chiffres pairs et impairs d’un annuaire de téléphone, 50 % bleu 50 % rouge

François Morellet, Répartition aléatoire de 40 000 carrés suivant les chiffres pairs et impairs d’un annuaire de téléphone, 50 % bleu 50 % rouge, 1960

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Huile sur toile • 103 × 103 cm • Coll. MoMA, New York • © Scala / © Adagp, Paris 2026

Il fait lire à voix haute les numéros d’un annuaire : chiffre pair, case bleue ; impair, case rouge. Nul n’a choisi le motif, c’est le hasard. Et les deux couleurs, d’égale intensité, se disputent le regard au point que la surface semble vibrer.

Sphère-trames, 1962

François Morellet, Sphère-trames

François Morellet, Sphère-trames, 1972

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Acier inoxydable • diamètre: 245 cm • Coll. Musée de Grenoble • © Ville de Grenoble / Musée de Grenoble / Nicolas Pianfetti / © Adagp, Paris 2026

Des grilles assemblées en volume dessinent une sphère ajourée. En tournant autour, le spectateur voit les lignes se superposer et scintiller. C’est l’une de ses premières œuvres dans l’espace, et celle qui le fera connaître à l’étranger.

L’Avalanche, 2006

François Morellet, L’Avalanche

François Morellet, L’Avalanche, 2006

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36 tubes de néon bleu de 250 cm, transformateurs et câbles haute tension • 370 × 770 × 670 cm • Coll. Fondation Vuitton, Paris • © Adagp, Paris 2026

36 tubes de néon bleus pendent du plafond, retenus par les câbles qui les alimentent. D’un coin à l’autre, ces câbles raccourcissent peu à peu : le premier tube est couché au sol, le dernier dressé à la verticale. Entre les deux, l’artiste ne décide rien : il laisse à chaque tube assez de mou pour trouver seul sa place. La consigne fixe la pente d’ensemble, la gravité fait le reste, et la cascade de lumière semble livrée au désordre.

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Versailles à Morellet

Du 30 juin 2026 au 1 novembre 2026

www.chateauversailles.fr





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