quand l’argent public finance les dérives de l’apprentissage


ENQUÊTE – Liquidation pour le Digital College, redressement judiciaire pour sa maison mère, le Collège de Paris… Après avoir largement profité du système, les groupes d’enseignement supérieur lucratifs commencent à vaciller, étranglés par la dette.

Un directeur fan de Japon et de cartes Pokémon qui pioche dans les caisses de l’école pour compléter sa collection et financer son mariage. Révélé il y a un an par Mediapart, le croustillant scandale du «Digital College», une école post-bac spécialisée dans le marketing et la communication, pourrait simplement faire sourire s’il n’était pas l’arbre qui cache la forêt. Car l’affaire révèle au grand jour les dérives de l’enseignement supérieur privé lucratif, qui a largement profité de la libéralisation de l’apprentissage, instauré en 2018 sous le premier quinquennat Macron.

Le Digital Collège, qui fait désormais l’objet d’un signalement auprès du Procureur de la République, fermera ses portes fin mai dans le cadre d’une liquidation judiciaire. Ses 3000 étudiants seront recasés dans l’une des 32 écoles de la maison mère, le Collège de Paris. Ce gros groupe d’enseignement privé fait lui-même l’objet d’un redressement judiciaire, avec plan de cession et repreneurs attendus fin mai. Il a été…

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