Puig et Estée Lauder en passe d’unir leur destin


Les deux groupes ont confirmé être en pourparlers pour une éventuelle fusion. Ce qui donnerait naissance à un nouveau géant de 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires, installé en tête du marché des cosmétiques de prestige.

Engagé depuis près de deux ans dans une difficile relance, Estée Lauder pense avoir trouvé le remède pour repartir de l’avant. Lundi, le géant américain des cosmétiques (Estée Lauder, Clinique, Jo Malone, Kilian, La Mer) a confirmé les informations du Financial Times, autour d’un projet de rapprochement. «Le groupe Estée Lauder confirme être en discussion avec Puig en vue d’un éventuel rapprochement de leurs activités, selon lequel les deux groupes pourraient fusionner. Aucune décision définitive n’a été prise et aucun accord n’a été conclu. Tant qu’un accord n’est pas signé, aucune garantie ne peut être donnée quant à la réalisation de l’opération ou à ses modalités», a expliqué le groupe dans un communiqué. Quelques minutes plus tôt, le parfumeur familial espagnol dirigé par Marc Puig avait évoqué dans des termes similaires ce projet de rapprochement.

Les deux groupes n’ont pas précisé les modalités d’une telle opération, mais selon le Wall Street Journal, il pourrait se faire par échange d’actions et de cash. Si le projet allait à son terme, cela créerait un nouvel ensemble des cosmétiques et parfums de prestige de plus de 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Ce qui détrônerait de peu le français L’Oréal, dont la branche luxe (Lancôme, Yves Saint Laurent Beauté, Amani…) a réalisé en 2025 un peu plus de 15,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires (sans compter l’intégration prochaine de Kering Beauté, dont le chiffre d’affaires est estimé autour de 400 millions d’euros).


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Un remède choc pour redresser la barre

Dans un marché des cosmétiques bousculé par les guerres commerciales entre l’Europe et les États-Unis et les évolutions de tendances de plus en plus rapides, Estée Lauder avait connu des années difficiles au sortir du Covid. Notamment sur le stratégique marché chinois, mais aussi sur son marché domestique. En 2025, sous la houlette du Français Stéphane de la Faverie en charge de remettre le groupe d’aplomb, ce dernier avait mis en place un remède choc passant par la relance de l’innovation, la montée en gamme et une restructuration avec la suppression de 5800 à 7000 postes nets d’ici à fin 2026. Si les premiers effets commençaient à se faire sentir sur le premier semestre de son exercice fiscal 2025-2026 (clos le 31 décembre dernier), le groupe avait vu son chiffre d’affaires reculer de 8% sur l’exercice précédent, tombant sous la barre des 15 milliards de dollars. Il affichait également une perte de plus de 1,1 milliard de dollars.

De son côté, l’espagnol Puig (Jean Paul Gaultier, Carolina Hererra, Byredo, Charlotte Tilbury …) a dépassé l’an dernier, les 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 8%. En misant sur les parfums de niche et en développant ses propres marques notamment sur les parfums et les cosmétiques, le groupe a réussi à se faire une place à côté des géants du secteur. Il y a près de deux ans, le discret groupe catalan avait fait ses premiers pas à la Bourse de Madrid. À ce stade, les investisseurs restaient toutefois sceptiques sur les avantages réels d’un tel rapprochement défensif pour le géant américain, le titre reculant de près de 8% lundi à la Bourse de New York.



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