Après avoir «beaucoup stressé toute la journée», la Française de 20 ans savourait son premier titre européen en individuel décroché sur le 100m dos avec un nouveau record d’Europe à la clé.
Comment avez-vous vécu cette finale ?
Mary-Ambre Moluh : C’était tellement dur. Je ne vais pas mentir, toute la journée, j’étais super stressée. Hier, j’avais commencé à sentir un petit peu dans mes jambes l’accumulation de toutes les courses. J’étais moins fraîche que quand j’ai fait mon 57’’99 le deuxième jour. Je sentais que ça commençait à devenir difficile. D’où ce stress, amplifié par le fait que j’espérais vraiment être à la hauteur des attentes, de mes attentes surtout. À l’arrivée, j’ai presque ressenti plus de soulagement que de joie. Je me suis dit : «C’est bon, c’est fini.» Je suis super contente, c’était une course de folie. Le public, encore une fois, a été génial, je pense qu’on ne le dira jamais assez.
Où êtes-vous allée chercher cette énergie pour signer un nouveau record d’Europe (57’’94) ?
Dans les tripes (elle se touche le ventre en rigolant). En fait, je ne sais pas, j’ai essayé de me rassurer comme je pouvais. Je me suis dit : «Ici, c’est toi qui as fait moins de 58 secondes, ce ne sont pas les autres.» Il faut arrêter d’avoir peur, il faut juste y aller. J’essayais de me motiver et de me dire que j’en étais parfaitement capable. Et les 15 derniers mètres, je pensais que c’était vraiment au mental qu’il fallait les chercher. Ce que j’ai fait, donc je suis contente.
En plus, vous allez partager le podium avec Pauline Mahieu, qui a fini 3e…
Oui, je suis super contente de cela aussi. C’est le premier truc que j’ai vu quand j’ai touché. Enfin, presque, le deuxième truc (rires). On en parlait de faire un doublé, de marquer les esprits. En plus, elle fait un super chrono, donc c’est génial pour le duo français. Et ici, en France, à Paris, chez nous, c’est encore plus extraordinaire.
Le fait d’être favorite, est-ce que cela vous a stressé aussi un peu ?
C’est vrai que je n’ai jamais eu cette position. Je n’ai jamais vraiment été attendue. Je pense que ça m’a stressée. Après, je ne faisais que de me dire : «Imagine quand tu seras en finale olympique, ce sera dix fois pire, donc arrête un peu.» Cela me prépare pour les ambitions que j’ai dans le futur. Sur ces Championnats d’Europe, j’ai pris un maximum d’expérience.
Sur cette compétition, vous avez également passé un cap mentalement…
Oui, sans doute. Après, je pense que c’était vraiment le moment de le faire, à deux ans des Jeux, de se mettre dans la bonne trajectoire pour être parmi les meilleures à Los Angeles. Je pense que c’était le bon timing pour prendre le bon wagon (sourire).
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