Près de la frontière américano-mexicaine, le Texas se mobilise contre le mur de Trump


REPORTAGE – Un projet de mur frontalier dans un parc national au Texas rassemble une forte opposition qui transcende les clivages politiques. Un juge fédéral vient d’annoncer sa suspension.

À l’entrée du canyon de Boquillas, le Rio Grande n’est qu’un petit cours d’eau verte, large de quelques mètres à peine. Masqué par des massifs de mesquite, il s’écoule comme un rêve dans la chaleur du désert, avant de disparaître entre deux immenses falaises. Les souches et les troncs qui blanchissent sur les berges rappellent que les orages peuvent déclencher des crues violentes. Ce virage pris par le fleuve qui remonte vers le nord donne son nom au parc national de Big Bend, la grande boucle.

Le Mexique commence sur l’autre rive, ou plutôt au milieu du fleuve, selon le droit international. Mais dans le désert de Chihuahua, le Rio Grande est plus une oasis qu’une barrière.

Du moins jusqu’à présent. La crise migratoire qui a porté deux fois de suite Donald Trump au pouvoir, avait largement épargné cette partie de la vallée du Rio Grande. Loin des zones habitées, au centre du plus grand désert d’Amérique du Nord, les migrants clandestins sont rares à s’y risquer.

C’est pourtant là où l’administration…

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