Pourquoi les touristes sont de plus en plus nombreux à choisir les Hauts-de-France


Courts séjours, clientèle étrangère en hausse et vacances près de chez soi : les Hauts-de-France ont encore gagné du terrain cet été. Une progression qui doit beaucoup à leur proximité avec Paris et les pays voisins, mais aussi à de nouvelles façons de voyager.

Le Nord a longtemps été une destination que l’on traversait avant d’être une région où l’on séjournait. Les chiffres commencent sérieusement à bousculer cette image. Cet été, les Hauts-de-France ont enregistré un taux d’occupation moyen de 76 % en juillet et août, tous hébergements confondus. C’est un point de mieux qu’en 2025 et cinq de plus qu’en 2024, selon le baromètre Novamétrie réalisé auprès de 500 professionnels du tourisme pour «Hauts-de-France Tourisme».

Pas de quoi pour autant parler d’un été euphorique. Juillet a gagné quatre points sur un an, mais août en a perdu deux. Et dans l’hôtellerie traditionnelle, le taux d’occupation, à 63,8 %, est quasiment inchangé par rapport à l’été dernier. L’hôtellerie de plein air s’en sort mieux, à 75,5 %, mais elle aussi reste stable selon MKG pour l’hôtellerie et Novamétrie.


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Le signal le plus intéressant vient peut-être d’ailleurs. Au premier semestre 2026, les nuitées étrangères dans les hôtels de la région ont progressé de 5 % selon les dernières données de l’Insee. Les Néerlandais enregistrent la plus forte hausse (+13,9 %), devant les Allemands (+7,7 %) et les Belges (+5,1 %). Surtout, depuis 2022, le nombre de nuitées étrangères a augmenté de 40 %.

Autrement dit, les Hauts-de-France commencent à profiter pleinement de leur géographie. Ils se trouvent dans le rayon d’action de plusieurs bassins touristiques majeurs : Paris au sud, mais aussi Bruxelles, Londres, Amsterdam ou Cologne à quelques heures de route ou de train. Un avantage longtemps banal qui devient beaucoup plus stratégique à mesure que les voyageurs privilégient les escapades courtes.

Partir moins loin, mais partir quand même

Les jardins de Le Nôtre, écrin de Chantilly.
Stanislas Fautré / Le Figaro Magazine

Car derrière ces résultats se dessine surtout une autre façon de prendre des vacances. Moins de grands départs uniques, davantage de parenthèses de deux ou trois jours ; moins de kilomètres, mais pas nécessairement moins de dépaysement.

La preuve : parmi les visiteurs français venus dans la région cet été, 62 % étaient eux-mêmes originaires des Hauts-de-France selon le même baromètre Novamétrie. Leur part a augmenté de sept points en seulement un an, et de douze points depuis 2022. Une statistique qui pourrait sembler paradoxale : pourquoi partir en vacances chez soi ? Justement parce qu’un week-end sur la Côte d’Opale, dans l’Avesnois ou autour de la baie de Somme ne suppose ni billet d’avion, ni longs préparatifs, ni budget transport considérable.

La région bénéficie ainsi d’un phénomène que l’on observe plus largement dans le tourisme : la recherche d’un changement d’air qui ne nécessite pas forcément de changer de pays. Et les Hauts-de-France disposent d’une carte assez facile à jouer. D’un côté, des destinations déjà très identifiées — LilleLe Touquetla baie de SommeChantilly ; de l’autre, des territoires qui ont encore ce petit avantage touristique d’être moins attendus.


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Il faut néanmoins se garder d’y voir une révolution. Une bonne fréquentation estivale ne suffit pas à transformer du jour au lendemain l’image d’une destination. Et la stabilité de l’hôtellerie classique montre que la progression n’est pas uniforme.

Les étrangers redécouvrent le Nord

La Braderie de Lille, considérée comme le plus grand marché aux puces d’Europe, vient tout juste de clôturer son édition 2026 qui a rassemblé plus de 2,5 millions de visiteurs venus chiner à travers près de 100 kilomètres d’étals tenus par quelque 10.000 exposants.
SAMEER AL-DOUMY / AFP

La hausse des visiteurs venus de Belgique, d’Allemagne et surtout des Pays-Bas mérite toutefois d’être suivie. Ces clientèles peuvent rejoindre facilement la région en voiture ou en train et correspondent assez bien au type de séjour que cherchent désormais à développer les acteurs locaux : quelques jours plutôt qu’une longue semaine de vacances.

Hauts-de-France Tourisme mise d’ailleurs explicitement sur ce marché des escapades et indique proposer près de 290 courts séjours réservables en ligne et générer plus de 100 ventes par semaine via sa plateforme (weekend-hautsdefrance). Près de 50 nouveaux hébergeurs sont également accompagnés chaque année par l’organisme régional.

La difficulté sera désormais de transformer l’essai. Autrement dit, faire revenir ceux qui ont découvert la région pour un week-end, prolonger un peu les séjours et surtout éviter que la proximité ne devienne son unique argument. Car être près de tout est une chance. Encore faut-il donner une raison de rester.



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