pour Knafo, le RN opère un «retour au marinisme le plus pur», au détriment de la ligne Bardella


Invitée lundi de BFMTV, l’eurodéputée nationaliste a fustigé le positionnement de Marine Le Pen, réfractaire à l’«union des droites» chère à Reconquête comme à l’étiquette de droite – à rebours de son dauphin, Jordan Bardella.

Reconquête pourra-t-il s’entendre avec le Rassemblement national (RN) tant que Marine Le Pen en tiendra réellement les rênes, quoi qu’en dise l’organigramme ? Sarah Knafo en doute sérieusement. Et pour cause : si Jordan Bardella garde la présidence du parti à la flamme, le retour en lice de la chef des députés RN l’a renvoyé à son costume de second, loin des habits de présidentiable qu’il pensait endosser en cas d’empêchement de sa mentor. Surtout, ce rééquilibrage interne se double d’un retour à la ligne économique de Marine Le Pen, aux accents sociaux et étatistes, à rebours de la sensibilité plus libérale et pro-business de son héritier politique.

De quoi réduire, aux yeux de Sarah Knafo, les chances de dialogue entre le mouvement zemmourien et son grand rival nationaliste, alors même qu’elle a plaidé lundi sur BFMTV pour que les deux formations «acceptent de se parler pour le pays». Un appel aussitôt assorti d’un reproche à la triple candidate à l’Élysée, non seulement fermée à tout rapprochement avec un parti qui lui a donné du fil à retordre lors de la campagne de 2022, mais rétive à l’étiquette de droite elle-même. À l’inverse, tenante d’une «union» qui «respecte les convictions de chacun», l’eurodéputée regrette d’être la seule à défendre avec Éric Zemmour une idée que «les Français de droite attendent». Et à laquelle Jordan Bardella semblait, selon elle, plus réceptif, laissant paraître «une forme d’ouverture ou de flou un peu plus important».

On est en train de découvrir que le RN veut évincer sa ligne.

Sarah Knafo, lundi soir sur BFMTV


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Conséquence du retour au second plan de l’héritier de Marine Le Pen : «On est en train de découvrir que le RN veut évincer sa ligne», observe Sarah Knafo, qui souscrit au constat d’une «débardélisation» à marche forcée sans reprendre à son compte le néologisme employé par son interlocutrice, Sonia Mabrouk. «On a ce sentiment que maintenant on est de retour au marinisme le plus pur, c’est-à-dire sur l’économie, axée sur des positions extrêmement socialisantes : retour à la retraite à 60 ans, refus de ce qu’essayait d’impulser Jordan Bardella, au moins dans le discours, sur l’union des droites», se lamente l’eurodéputée.

L’exemple des municipales à Paris

L’occasion pour Sarah Knafo de vanter auprès des électeurs la candidature annoncée d’Éric Zemmour, qu’il s’agit de hisser au plus haut dès le premier tour afin de peser sur le RN au second. «Si vous voulez l’union des droites, votez pour ceux qui la promeuvent, pour ceux qui la promettent et qui la mettront en œuvre. Si vous voulez l’union des droites, votez pour ceux qui ont déjà fait la preuve qu’ils étaient pour l’union des droites, sinon vous ne l’aurez pas», martèle-t-elle, invoquant son propre exemple en la matière : son retrait entre les deux tours des municipales parisiennes, en mars, au profit de Rachida Dati, pour tenter de battre la gauche non-LFI d’Emmanuel Grégoire.

Pas question, dès lors, d’imaginer un «ralliement» au premier ou au second tour, mais plutôt une entente sur le fond. «Je ne cherche aucun poste, je ne cherche pas à entrer dans un gouvernement», insiste-t-elle, comme pour préciser ses propos de jeudi soir, lorsqu’elle avait ouvert la porte à une entrée dans un gouvernement Bardella à la seule condition de s’accorder sur un «programme». «Avant d’entrer dans un gouvernement et distribuer les postes, il faut d’abord gagner, il faut d’abord mener campagne, veut-elle clarifier. Donc, je ne suis pas du tout à un stade où je cherche un quelconque poste.»



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