Invité mardi soir sur CNews, Jordan Bardella juge Jean-Luc Mélenchon «disqualifié pour rassembler une majorité de Français», dans la mesure où il «éructe et insulte tout le monde en permanence».
En se déclarant dimanche pour la quatrième fois candidat à l’Élysée, Jean-Luc Mélenchon a désigné son «adversaire principal» : le Rassemblement national (RN). Parti qu’il dit pouvoir «battre à plate couture» en 2027, à rebours des prévisions sondagières. Cela tombe bien : Jordan Bardella installé aussi le duel entre les deux pôles les plus radicaux de l’échiquier politique en vue de la présidentielle, que le RN soit représenté par Marine Le Pen ou lui-même, en cas d’empêchement de la première après la décision attendue de la cour d’appel le 7 juillet.
Et pour cause. Au vu des projections de second tour – moins de 30% pour l’Insoumis et plus de 70% pour Jordan Bardella – le mouvement nationaliste l’emporterait haut la main s’il se retrouvait face au leader LFI. Un scénario que le président du RN attribue en partie à la personnalité sulfureuse de son adversaire. Invité mardi soir de CNews, l’eurodéputé prédit que Jean-Luc Mélenchon ne pourra jamais être élu chef de l’État, faute de savoir «garder son sang-froid» -une qualité qu’il estime «essentielle» pour occuper cette fonction.
«Quand on éructe, quand on insulte tout le monde en permanence, quand on criminalise celui qui ne pense pas comme soi, qu’on défend le désarmement de la police républicaine, quand on défend le CCIF – le bras armé des frères musulmans en France – , quand on a autour de soi des gens de la Jeune garde, qui tabassent, qui lynchent, qui tuent dans les rues de France, alors on est discrédité pour rassembler une majorité de Français et pour apaiser», charge le dauphin de Marine Le Pen. Une manière pour lui de tester ses arguments en période de précampagne, alors qu’il pourrait reprendre le flambeau de sa mentor dans un peu plus de deux mois et, in fine, affronter la figure tutélaire de LFI.
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Reste que le jeune loup reconnaît à Jean-Luc Mélenchon un savoir-faire politique parmi les plus développés à gauche, ainsi que des qualités utiles pour la conquête du pouvoir. «Il a son parti, il a sa vision de la société que je conteste, mais il a l’intelligence de savoir manier les mots, le langage, de savoir faire campagne, de savoir réécrire l’histoire de France», reconnaît Jordan Bardella. Si le trentenaire semble avoir des fourmis dans les jambes à l’idée d’affronter l’ex-ministre jospiniste, il l’exhorte à ne plus «insulter ses opposants, matin, midi et soir» dans l’optique de 2027.
De quoi prendre le contre-pied de Marine Le Pen, qui a exprimé son souhait d’une finale «entre le bloc central et le RN», de préférence contre Édouard Philippe, plutôt que face à Jean-Luc Mélenchon. Non sans raison : à ses yeux, il «est très important et nécessaire d’avoir la force d’une élection de choix, et non d’une élection de rejet de l’autre candidat».
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