«Potion d’austérité», «difficultés financières» à venir… La copie budgétaire de Sébastien Lecornu ne convainc pas les oppositions


Le premier ministre a présenté jeudi dans Le Figaro les grandes lignes d’un budget pour 2027 qu’il veut «offensif» avec un «effort» d’économies massif de 54 milliards d’euros.

Sébastien Lecornu a présenté jeudi les grandes lignes d’un budget pour 2027 qu’il veut «offensif» avec un «effort» d’économies massif de 54 milliards d’euros, laissant au Parlement le soin de trancher certaines mesures comme celles, sensibles, concernant les retraités. Avec une ligne directrice. Si le Parlement «endosse» ce «plan de redressement» qui sera présenté en conseil des ministres le 1er octobre, la cible d’un déficit à 5% du PIB sera «atteinte» pour 2027, assure le premier ministre dans un entretien au Figaro, publié à l’issue d’un séminaire gouvernemental à Matignon.

D’autant que le contexte est explosif. Alors que la marche est donc haute car en 2026, le déficit devrait déraper à 5,4%, selon Bercy, après 5,1% l’an dernier, ces orientations étaient particulièrement attendues avec un débat parlementaire qui doit s’ouvrir dès octobre et s’annonce bouillant, en pleine campagne pour l’élection présidentielle. Sans surprise, les oppositions n’ont pas été convaincues.


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Roussel dénonce une «casse sociale»

À gauche, la chef de file des députés France insoumise (LFI) Mathilde Panot brandit déjà la censure contre un «budget de coupes budgétaires qui va encore faire souffrir les gens», «un baroud d’honneur macroniste qui nous dirige droit dans le mur», selon le président de la commission des Finances Éric Coquerel (LFI aussi). Ces annonces sont la promesse d’une «potion d’austérité», et «l’inverse de ce que propose» le PS, a réagi son porte-parole, le député Arthur Delaporte. Le patron du Parti communiste Fabien Roussel a dénoncé un budget de «casse sociale» fait «pour les riches».

Clin d’œil au Rassemblement national, dont la candidate Marine Le Pen a fait des ouvertures vers une non-censure, Sébastien Lecornu propose aussi d’instaurer un délai de «carence» pour le versement de certaines allocations aux étrangers. Pas de quoi convaincre le président du RN, Jordan Bardella, qui a dit craindre sur BFMTV un budget qui «va accroître les difficultés financières» du pays. Pour la figure nationaliste, le premier ministre «ne cherche pas à faire des économies dans la mauvaise dépense publique. Il cherche à faire adopter un budget, et surtout à éviter la censure». Dans les prochains jours, lui et Marine Le Pen présenteront un «contre-budget», dévoilant déjà les lignes rouges de son parti : «Pas d’économies sur le dos de la France du travail, pas de mesures injustes sur les entreprises françaises».



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