Patrick Stewart est mort : le capitaine Picard et le professeur Xavier s’éteint à 86 ans

Gage Skidmore, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Il y a des acteurs qu’on admire, et d’autres avec qui on a grandi. Patrick Stewart appartenait à la deuxième catégorie. Pour toute une génération, il était le capitaine Jean-Luc Picard, celui qui préférait la discussion au phaser, le thé Earl Grey au whisky, et qui donnait l’impression qu’un chef pouvait être à la fois ferme et profondément humain. Il est mort ce mercredi 28 octobre, chez lui à Los Angeles, à 86 ans.

Sa famille a annoncé la nouvelle le lendemain : l’acteur souffrait de la maladie d’Alzheimer et d’une démence à corps de Lewy, une maladie qui l’a emporté en peu de temps. Il est parti entouré de sa femme, Sunny Ozell, de ses proches, de musique et de rires, selon le message publié sur son compte. Plutôt que des fleurs, la famille demande de soutenir la recherche contre Alzheimer.

Le gamin du Yorkshire

Rien ne le prédestinait aux étoiles. Patrick Stewart grandit à Mirfield, petite ville ouvrière du Yorkshire, dans une maison où le père, ancien militaire, frappait la mère. Il quitte l’école à 15 ans. Le théâtre amateur devient son refuge, puis son métier. Il rejoint la Royal Shakespeare Company et passe des années sur les planches, aux côtés de Judi Dench ou d’Ian McKellen, qui deviendra l’ami d’une vie.

C’est peut-être là que tout se joue : cet homme qui a connu la violence d’un père passera sa carrière à incarner des pères de substitution. Des figures calmes, justes, qui rassemblent des équipages ou des élèves que personne d’autre ne voulait.

Picard, l’anti-Kirk

En 1987, quand Paramount relance Star Trek avec The Next Generation, le choix d’un acteur shakespearien britannique, chauve et quadragénaire, fait ricaner. Les fans de Kirk ne donnent pas cher de la série. Sept saisons plus tard, Picard est devenu le capitaine préféré de beaucoup. Pas un cow-boy de l’espace : un diplomate, un lecteur, un homme qui doute et qui le dit. Son « Engage ! » est entré dans la culture populaire.

Il retrouvera le personnage bien plus tard, dans Star Trek: Picard, preuve qu’on ne se débarrasse pas si facilement d’un rôle pareil, et qu’il n’en avait aucune envie.

Xavier, l’autre père

Au cinéma, c’est le professeur Charles Xavier des X-Men qui lui offre un second public. Encore un mentor, encore un homme qui croit qu’on peut convaincre plutôt que combattre. Face à lui, Ian McKellen en Magneto : les deux vieux complices de Shakespeare devenus ennemis à l’écran et inséparables dans la vie. C’est d’ailleurs McKellen qui a célébré son mariage avec Sunny Ozell en 2013.

Il n’avait aucune intention de s’arrêter. En juin encore, il expliquait qu’il ne se voyait pas prendre sa retraite. On le reverra une dernière fois dans Avengers: Doomsday.

Un homme engagé

Hors des plateaux, Patrick Stewart a mis sa notoriété au service de causes qui le touchaient de près, à commencer par la lutte contre les violences conjugales, qu’il avait vues de ses yeux enfant. Il s’est aussi engagé pour les réfugiés, les droits des personnes LGBT, la santé mentale des anciens combattants et la protection des animaux.

Depuis jeudi, les hommages se multiplient. Hugh Jackman, son Wolverine, dit qu’il le regrettera toute sa vie. Wil Wheaton, le jeune Wesley Crusher de l’Enterprise, lui a dit au revoir avec ces simples mots : « Godspeed, Captain ».

Il laisse sa femme Sunny, sa fille Sophie et son fils Daniel. Et quelques millions de spectateurs qui, quelque part, ont appris de lui qu’on pouvait commander sans écraser.

Et vous, quel souvenir gardez-vous de Patrick Stewart : le capitaine Picard, le professeur Xavier, ou un rôle moins connu ? Dites-le-nous en commentaire.

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