Paris : 5 expos qui décoiffent à voir en galeries en mars


Photographie, peinture, céramique, dessin… : mars nous a gâtés ! On s’émeut du temps qui passe devant les clichés du Paris populaire des années 1970 à la galerie Roger-Viollet, on admire la beauté éternelle des coiffures photographiées par le Nigérian J.D. ‘Okhai Ojeikere ou on profite de la douceur des toiles d’Atul Dodiya, peintre indien, à la galerie Templon…

Vous pouvez aussi plonger dans la couleur d’Enfant Précoce ou dans les créations oniriques de Yoann Estevenin, deux jeunes talents en train d’éclore auprès des amateurs d’art. N’oubliez pas que toutes les galeries de Paris sont ouvertes en entrée libre et qu’il n’est pas interdit de craquer pour une œuvre !

1. Arpenter le Paris populaire des années 1970 chez Roger-Viollet

François-Xavier Bouchart, Jeune fille assise sur le capot d’une voiture entourée de garçons, terrain vague près de la rue Rampal, 19<sup>e</sup> arrondissement, Belleville, Paris

François-Xavier Bouchart, Jeune fille assise sur le capot d’une voiture entourée de garçons, terrain vague près de la rue Rampal, 19e arrondissement, Belleville, Paris, Entre 1968 et 1975

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Tirage couleur argentique à développement chromogène • 30 × 45 cm • Musée Carnavalet • © François-Xavier Bouchart / Musée Carnavalet / Roger-Viollet

Les amoureux des 19e et 20e arrondissements de Paris risquent d’avoir la larme à l’œil. La nostalgie est en effet au rendez-vous dans les clichés de François-Xavier Bouchart (1946–1993) et Léon Claude Vénézia (1941–2013), photographes du Paris populaire des années 1970. C’était le temps où Belleville et Ménilmontant formaient un village, avec maisonnettes et jardins ouvriers… D’images en couleurs à d’autres (plus rarement) en noir et blanc, on écume en 65 tirages, que compte cet accrochage à la galerie Roger-Viollet, les cafés, au milieu des bérets et du linge qui sèche aux fenêtres. En suivant les enfants qui jouent dans les rues, en grimpant à bord d’un triporteur, d’une « dodoche » ou encore en s’agrippant à la charrette à bras d’un livreur, on poussera le voyage jusqu’à Montreuil ou Bobigny pas encore gentrifié. M.B.

2. La première exposition d’Enfant Précoce à la 193 Gallery

Enfant Précoce, Essoua

Enfant Précoce, Essoua, 2023

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acrylique sur toile • 280 × 210 cm • Courtesy 193 Gallery, Paris

Pas facile de trouver une galerie quand on est jeune artiste. Alors, c’est d’abord sur les réseaux sociaux que la carrière d’Enfant Précoce (né en 1989) a débuté. En quête d’un marchand pour vendre ses toiles, Francis Essoua, alias Enfant Précoce, les promenait dans tout Paris avec un écriteau « Exposez-moi ». Cinq ans plus tard, de créations en collaborations avec de grandes marques, Enfant Précoce est parvenu à maturité et a réalisé son rêve de gosse : il est exposé pour la première fois par une galerie ! À la 193 Gallery, ce prodige des couleurs éclatantes dépeint une «  Oasis d’Abondance » qui passe par un accrochage de toiles inspirées de sa propre histoire d’immigré camerounais en France. M.B.

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Enfant précoce. Oasis d’Abondance

Du 2 mars 2024 au 27 avril 2024

www.193gallery.com

3. Atul Dodiya fait son cinéma à la galerie Templon

Atul Dodiya, Charu Listerning / Amal Singing

Atul Dodiya, Charu Listerning / Amal Singing, 2023

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Huile sur toile • 152,5 × 198 cm • © Courtesy de l’artiste / TEMPLON, Paris —Brussels — New York

Le cinéma de Bollywood vous fait vibrer ? Cette exposition est pour vous ! Pour sa quatrième venue à la galerie Templon, Atul Dodiya (né en 1959) affiche avec « I know you. I do. O’ stranger’ » son attachement pour l’univers bollywoodien grâce à une technique picturale presque photographique. Considéré comme l’un des plus grands noms de la scène artistique indienne, Atul Dodiya joue sur le registre d’une peinture photoréaliste qui nous rappelle l’univers d’Edward Hopper. Silhouettes de dos, personnages en mouvement ou encore visages cachés… : en créant des échos d’une peinture à l’autre, l’artiste nous plonge dans l’intimité de corps fuyants pour nous inviter à y projeter une narration rêvée. M.M.D.

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Atul Dodiya – I know you. I do. O’ stranger

Du 2 mars 2024 au 27 avril 2024

www.templon.com

4. La veine symboliste de Yoann Estevenin à la galerie du Passage

Vue de l’atelier de Yoann Estevenin dans le 20<sup>e</sup> arrondissement et de son oeuvre « Un chat qui portait mon nom »

Vue de l’atelier de Yoann Estevenin dans le 20e arrondissement et de son oeuvre « Un chat qui portait mon nom », 2023

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© Yoann Estevenin / Julien de Gasquet

Quand on lui demande ses influences, Yoann Estevenin, artiste pluridisciplinaire de 32 ans, cite volontiers Odilon Redon, Félicien Rops, James Ensor, Edvard Munch… Comme les maîtres symbolistes, ses œuvres baignent dans l’étrangeté, se nourrissent de rêves et se chargent de fantastiques couleurs. À la galerie du Passage, il ensorcelle le visiteur avec ses pastels sur papier et laisse s’envoler l’imagination au travers de céramiques émaillées. Un talent qui a déjà séduit de nombreux collectionneurs et institutions publiques — à découvrir sans tarder ! M.B.

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Yoann Estevenin – Wonder Woods

Du 13 mars 2024 au 13 avril 2024

5. Les coiffures sculptures de J.D. ‘Okhai Ojeikere à la galerie du Jour agnès b.

J.D 'Okhai Ojeikere, Banke, Serie Headdress

J.D ‘Okhai Ojeikere, Banke, Serie Headdress, Circa 2000

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tirage argentique baryté • 50 × 60 cm • © Galerie du jour Agnès b

Avec les Maliens Seydou Keïta (1921–2001) et Malick Sidibé (1936–2016), le Nigérian J.D. ‘Okhai Ojeikere (1930–2014) compte parmi les photographes africains iconiques, de ceux qui ont imprimé un style unique, reconnaissable au premier coup d’œil. Le sien, justement, s’est forgé en se concentrant sur les coiffures, qu’il immortalise dans ses séries initiées à partir de 1968, en plein bouleversements sociaux, comme autant de sculptures, chargées de beauté et d’une tradition ancestrale. Dans l’exposition chez agnès b., chaque coiffure porte une histoire :  « On peut facilement identifier une femme à sa coiffure : une femme devenue adulte ; une femme qui se prépare au mariage ou qui se rend à une cérémonie de circoncision », affirmait J.D. ‘Okhai Ojeikere. M.B.



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