Œuvres, expos, artistes : les coups de cœur de la rédaction en 2024


De la biennale de Venise à celle de Lyon, en passant par les foires parisiennes ou les rencontres d’Arles, en 2024, on en a vu de toutes les couleurs, et de tous médiums ! Mais quelles sont les œuvres qui se sont démarquées, dans le flot artistique de cette année écoulée ? Vidéos, installations, photographie, peinture… Des personnalités du monde de l’art parmi lesquelles Hans Ulrich Obrist, Chris Dercon, Marc-Olivier Wahler, Nicolas Bourriaud, Sophie Duplaix et Judicaël Lavrador ont contribué à établir pour Beaux Arts une liste non exhaustive des coups de cœur de 2024.

Chefs-d’œuvre, expositions, et espoirs, il fallait bien trois catégories pour faire le tri dans toutes les découvertes que cette année nous a apportées. On commence par un tour du monde des œuvres qui ont marqué les esprits avant de poursuivre le périple en passant par Stockholm ou le désert saoudien, avec les expositions d’art contemporain phares de 2024. Enfin, retour sur le travail d’artistes prometteurs, émergents ou plus établis, qui nous ont décidément épatés cette année.

LES CHEFS-D’ŒUVRE DE 2024

À Lyon, l’envoûtante polyphonie d’Oliver Beer

Oliver Beer, Resonance Project: The Cave

Oliver Beer, Resonance Project: The Cave, 2024

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installation vidéo et sonore immersive à huit écrans • Courtesy Oliver Beer, des galeries Thaddaeus Ropac, Paris-Salzbourg, et Almine Rech, Paris-Bruxelles-Londres / © Photo Jair Lanes.

Comment ne pas avoir la chair de poule ? L’installation vidéo d’Oliver Beer est l’acmé de la biennale de Lyon, que vous pouvez encore visiter avant sa fermeture début janvier. Le plasticien britannique a invité huit chanteuses et chanteurs à entonner pour lui leur plus ancien souvenir musical. Et pas n’importe où : à l’intérieur de la grotte ornée préhistorique de Font-de-Gaume, dans la vallée de la Vézère (Dordogne).

Venues d’Haïti ou d’Australie, du Liban ou de France, leurs comptines montent du tréfonds des âges, puis se mêlent et s’entrelacent peu à peu pendant trente minutes, jusqu’à composer une stupéfiante polyphonie. Que l’on reste immobile au centre des huit vidéos ou que l’on erre d’une voix à l’autre, naît la sensation d’assister à la renaissance d’un chant originel, qui nous ramène au premier âge. Le nôtre et celui de l’être humain. Somptueusement émouvant.

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À voir à la biennale de Lyon « Les voix des fleuves » jusqu’au 5 janvier

Grandes Locos, 10 rue Gabriel Péri • La Mulatière • 04 27 46 65 60 • labiennaledelyon.com

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17e biennale de Lyon

Du 21 septembre 2024 au 5 janvier 2025

www.labiennaledelyon.com

À Sonoma (Californie), les paysages éternels de Richard Mayhew

Richard Mayhew, Nostalgia

Richard Mayhew, Nostalgia, 2016

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huile sur toile • 122 × 152,5 cm. • Courtesy Richard Mayhew estate et Crocker Art Museum, Sacramento.

Décédé à l’automne 2024 à l’âge de 100 ans, Richard Mayhew laisse en héritage de lumineux paysages inspirés par la mystique de son ascendance amérindienne et africaine-américaine. « Je veux que l’essence de l’âme se retrouve sur la toile », clamait celui qui peignait les émotions, la musique et les humeurs de la terre plutôt que sa réalité physique. De ses couleurs irradiantes, il a « transformé et retourné, reprenant possession du sauvage au nom des dépossédés », écrit de lui Solomon Adler dans un essai sur le site du San Francisco Museum of Modern Art (SFMOMA).

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Vue à l’exposition « Richard Mayhew – Inner Terrain »

Sonoma Valley Museum of Art • svma.org

À Venise, les étranges Idioms de Pierre Huyghe

Pierre Huyghe, Idiom (en arrière-plan : Liminal et Portal)

Pierre Huyghe, Idiom (en arrière-plan : Liminal et Portal), 2024

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voix en temps réel générée par l’IA, masque d’écran LED doré (plastique, cuivre, acier, nylon, aluminium, mousse, PVC, caoutchouc, métal). • Courtesy Leeum Museum of Art, et Galerie Chantal Crousel, Paris, Marian Goodman

Quelle langue parlent-elles donc ? Elle semble articulée, cohérente, et pourtant elles seules la comprennent. Elles ? Ces créatures que Pierre Huyghe a appelées les Idioms. Elles sont sept et ont investi tous les espaces de l’exposition de la Punta della Dogana, qui s’est refermée fin novembre, en portant un masque d’or qui tient à la fois de Brancusi et du robot. Aux premiers jours, elles balbutiaient à peine. Et peu à peu elles ont su, grâce à l’intelligence artificielle qui les anime, se forger un langage, né de leur porosité au contexte et aux visiteurs.

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