Le candidat LFI à la présidentielle invoque l’article 35 de la Constitution pour exiger un vote sur l’envoi de troupes français à Yanbu, principal terminal saoudien d’exportation de pétrole sur la mer Rouge, annoncé jeudi par Emmanuel Macron.
Après l’annonce par Emmanuel Macron, jeudi soir sur TF1 et France 2, de l’envoi de «moyens militaires» pour «protéger» le site de Yanbu, maillon stratégique du réseau d’installations énergétiques de l’Arabie saoudite, le candidat LFI à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, a réclamé un vote du Parlement.
L’enjeu est de taille : ce port de la mer Rouge permet d’exporter du pétrole sans passer par le détroit d’Ormuz, alors que les tensions géopolitiques dans la région ont notamment propulsé les prix des carburants à des niveaux records. «Des troupes en Arabie saoudite, c’est s’installer sur un théâtre de guerre. Si la base est frappée, que ferons-nous ? Pas question de devenir belligérant. Donc l’Assemblée doit voter sur le sujet. Article 35 de la Constitution», a écrit l’Insoumis sur le réseau social X.
Encore faut-il que la situation l’impose. L’article 35 prévoit bien un vote du Parlement, mais uniquement pour une déclaration de guerre. Pour une intervention des forces armées à l’étranger, il n’exige qu’une simple information : le gouvernement doit en avertir les deux chambres au plus tard trois jours après son début, en précisant ses objectifs. Si cette information peut donner lieu à un débat, elle ne peut déboucher sur aucun vote. Ce n’est qu’au-delà de quatre mois que la prolongation de l’intervention doit être soumise à l’autorisation du Parlement. Autrement dit, rien n’oblige à ce stade le gouvernement à faire voter les députés.
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