Depuis fin juillet, trois prétendants déclarés ou pressentis à l’Élysée, Édouard Philippe, Gabriel Attal et Raphaël Glucksmann, ont été ciblés par la Russie à travers des campagnes de désinformation en ligne.
C’est un engagement. Sébastien Lecornu a dit mercredi soir qu’il souhaitait poursuivre, «à la rentrée», «un travail commun» avec l’ensemble des formations politiques pour lutter contre les ingérences étrangères, alors que trois candidats déclarés ou pressentis à la présidentielle ont été visés ces derniers jours par des opérations de déstabilisation russes. «C’est précisément (ce travail) que nous avons engagé à Matignon et que nous poursuivrons à la rentrée avec l’ensemble des formations politiques», a écrit sur X le chef du gouvernement, interpellé sur le sujet par le tribun insoumis Jean-Luc Mélenchon.
En juin, le premier ministre avait reçu à Matignon les partis politiques sur ce thème. Il avait alors évoqué des «perspectives de menaces lourdes sur l’élection présidentielle», soulignant que «l’ensemble de la classe politique» pouvait être concernée. Depuis la fin juillet, trois prétendants déclarés ou pressentis à l’Élysée, le patron d’Horizons Édouard Philippe, celui de Renaissance Gabriel Attal et de Place Publique Raphaël Glucksmann ont été ciblés par la Russie à travers des campagnes de désinformation en ligne. Une première en France pour des candidats à la présidentielle, même si ces opérations sont restées peu visibles, d’après une source sécuritaire.
«Le dispositif de détection que nous avons mis en place fonctionne», s’est félicité mercredi soir Sébastien Lecornu. Par ailleurs, «nous avons déjà présenté en Conseil des ministres un projet de loi pour renforcer encore notre arsenal, notamment en triplant les peines contre la production de faux contenus en période électorale». «Un protocole de transmission automatique de tous les cas détectés sera également mis en place, en lien avec les formations politiques et les services compétents», a-t-il ajouté. Depuis la réunion avec les partis en juin, il précise avoir reçu des propositions de la part de certaines formations politiques, mais que «toutes n’ont pas encore répondu».
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Ne pas avoir «la main qui tremble»
Face aux ingérences étrangères dans la présidentielle, Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier mettent, eux, en cause certaines plateformes étrangères, l’eurodéputé invitant TikTok et X à respecter les règles européennes, et l’Écologiste proposant même d’interdire le réseau d’Elon Musk pendant la campagne. Le probable candidat à l’élection présidentielle Raphaël Glucksmann, cible d’une campagne de désinformation d’origine russe, a appelé mercredi sur RTL les autorités françaises et européennes à ne pas avoir «la main qui tremble» face à ces ingérences étrangères. Au-delà de la tentative de déstabilisation de la Russie de Poutine, il faut aussi que «les grandes plateformes américaines et chinoises, en particulier X et TikTok, soient obligées de respecter les règles européennes» et sanctionnées si elles ne le font pas, a déclaré l’eurodéputé.
La patronne des Écologistes Marine Tondelier, candidate à la présidentielle, estime de son côté, dans un entretien à Libération, que «menacer des plateformes comme X d’une interdiction pendant les élections me semble nécessaire. Et il faut appliquer cette sanction en cas d’ingérences constatées en amont». Elle précise que l’algorithme de X est selon elle «une ingérence beaucoup plus forte dans la vie démocratique» car il a «un impact beaucoup plus structurel, quotidien, de chaque minute dans la désinformation». «La question de ce réseau social n’est pas juste une question de liberté d’expression ou de liberté d’entreprendre. Cet outil est la propriété d’une personne, basée aux États-Unis, avec une idéologie suprémaciste et qui, clairement, veut faire basculer l’Europe dans une soumission totale aux États-Unis», déplore-t-elle encore, en dénonçant un algorithme «pipé».
Elle considère qu’il faut aussi «imposer le cadre légal européen (le digital service act ou DSA) et sanctionner les plateformes de réseaux sociaux qui n’agissent pas assez vite pour lutter contre ces campagnes, qui refusent de transmettre des informations ou d’enlever des contenus problématiques». Contrairement à Raphaël Glucksmann, elle considère que «ce n’est pas sur TikTok que s’organise le débat politico-médiatique. En revanche, c’est un réseau social avec une vraie influence auprès des jeunes et qui pose d’autres problèmes, notamment en termes de protection des données personnelles».
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