Matières premières – L’or et le cuivre reculent, le café plonge


Le cours du cuivre a fléchi sur la semaine sur le London Metal Exchange (LME), affecté par les craintes de récession mondiale qui pèsent toujours sur les métaux de base, en érodant la demande.

Fortement utilisé dans l’industrie, notamment pour la confection de circuits électriques, le cuivre est connu pour refléter l’état de santé de l’économie mondiale, d’où son surnom de Docteur Cuivre (Dr Copper).

Les préoccupations liées au risques de récession mondiale pèsent donc directement sur le métal rouge.

En zone euro par exemple, la Banque centrale européenne (BCE) prévoit une croissance de seulement 0,9 % l’an prochain, mais un scénario pessimiste table sur une récession de 1 %.

La Banque d’Angleterre estimait fin septembre que le Royaume-Uni était déjà en récession et le dernier indicateur avancé d’activité PMI Flash Composite indique que le pays s’y dirige à grands pas. Mais les prix du cuivre pourraient remonter avec des tensions à venir du côté sur l’offre du Chili, grand pays producteur, qui envisage un projet de loi pour taxer sa production de cuivre.

Selon les analystes de Commerzbank, « cette législation pourrait rendre moins compétitifs les producteurs de cuivre du pays ».

« Les experts craignent que les investissements dans le secteur soient moins importants, ce qui entraînerait une baisse des capacités de production à l’avenir », et ainsi une montée des prix, expliquent les analystes de Commerzbank.

Vers 14h00 GMT (16h00 à Paris) sur le LME, la tonne de cuivre pour livraison dans trois mois s’échangeait à 7 590 dollars vendredi, contre 7 624 dollars à la clôture sept jours plus tôt.

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L’or attend la Fed

L’or relevait la tête sur la semaine, profitant de la faiblesse momentanée du dollar, mais le regain de la devise assombrit les perspectives du métal précieux.

Monnaie de référence du marché aurifère, l’appréciation du dollar pèse sur le pouvoir d’achat des investisseurs qui utilisent d’autres devises et fait donc baisser la demande.

Si le dollar a commencé la semaine dans le rouge, après une série d’indicateurs économiques décevants aux États-Unis, le billet vert s’est relevé après la publication du produit intérieur brut (PIB) américain pour le troisième trimestre.

Le PIB a rebondi plus vivement que prévu, progressant de 2,6 % en rythme annualisé (mesure privilégiée par les États-Unis) et de 0,6 % par rapport au précédent trimestre.

Le pays renoue ainsi avec la croissance après deux trimestres de contraction, de quoi permettre à la Réserve fédérale américaine (Fed) de procéder à un nouveau relèvement agressif de son principal taux directeur de 0,75 point de pourcentage, ce qui soutiendrait le billet vert.

« Si la Fed indique la semaine prochaine qu’elle est encore loin d’avoir terminé sa lutte contre l’inflation galopante, cela devrait se traduire par un plafonnement plus fort de l’or », affirme Han Tan, analyste d’Exinity.

« Tant qu’il n’y aura pas de signes significatifs indiquant que le pic des taux directeurs américains est vraiment proche, il est peu probable que l’or connaisse une reprise durable », renchérit l’analyste.

Vers 14h00 GMT, l’once d’or s’échangeait pour 1 647,24 dollars, contre 1 657,69 dollars sept jours plus tôt.

Le café touche le fond

Le café chutait encore sur la semaine, plongeant à son plus bas niveau depuis 14 mois, plombé par une consommation en berne en raison des perspectives économiques moroses, alors que les pressions sur l’offre s’allègent.

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Vendredi, à New York comme à Londres, le prix du café est tombé à son plus bas depuis août 2021, à 173,50 cents la livre d’arabica, et 1 870 dollars la tonne de robusta.

Le café arabica, avec une série de 12 jours de recul des cours, « connaît actuellement sa plus longue série de pertes en neuf ans », affirment les analystes de Commerzbank.

« Les investisseurs continuent d’abandonner des paris à la hausse sur le long terme, qui deviennent de plus en plus difficiles à réaliser en raison des craintes d’un ralentissement économique mondial qui nuirait à la demande », explique Ole Hansen, analyste de Saxobank.

Le café est généralement considéré comme un produit agricole de luxe. La consommation de café est donc particulièrement liée aux conjonctures économiques, les craintes de récession pesant sur la demande. En parallèle, les pressions du côté de l’offre se sont relâchées.

« Les conditions météorologiques favorables au Brésil ces derniers temps ont sensiblement amélioré les perspectives pour la prochaine campagne agricole, la récolte de cette année ayant été affectée par la sécheresse et le gel », explique Commerzbank.

Sur l’ICE Futures US de New York, la livre d’arabica pour livraison en décembre valait 174,30 cents, contre 190,90 cents sept jours auparavant. Sur le Liffe de Londres, la tonne de robusta pour livraison en janvier 2023 valait 1 870 dollars vendredi contre 1 996 dollars il y a une semaine à la clôture.



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