Madagascar, nouveau berceau du Beau en plein océan Indien


Lémuriens, baobabs endémiques, récifs coralliens… Celle que l’on surnomme « l’île rouge » recèle des trésors, dont une faune et une flore uniques au monde, qui valent bien le voyage. Mais après l’indépendance du pays, officialisée en 1960, l’art s’est fait rare à Madagascar. La vague de malgachisation (soit le refus du modèle colonial) survenue en conséquence a entraîné la disparition de l’école des Beaux-Arts d’Antananarivo et des Ateliers des arts appliqués, respectivement créés dans les années 1920 et 1930.

Depuis 1964, l’ambassade de France tend à promouvoir la culture comme levier du développement socioéconomique, mais ses actions demeurent limitées. Quant à la construction d’une Académie nationale des arts et de la culture (ANAC), annoncée en 2019 par le président Andry Rajoelina, elle ne cesse d’être repoussée.

Ce qu’il faut savoir

À Madagascar, le rayonnement de l’art dépend d’initiatives privées, surtout depuis la participation de Joël Andrianomearisoa à la Biennale de Venise en 2019. Au moins trois mécènes, aujourd’hui porteurs de nouveaux projets, ont soutenu son pavillon, inspiré du palais d’Ilafy, à Antananarivo.

À commencer par le fonds de dotation Rubis Mécénat, qui veille au bon développement de Ndao Hanavao, laboratoire d’innovations où travaille actuellement la société R’Art Plast. Montée par cinq jeunes Malgaches issus de milieux défavorisés, cette entreprise commercialise une laine fabriquée à partir de déchets plastiques et des créations originales conçues en collaboration avec des designers et des artistes invités. Hasnaine Yavarhoussen, le directeur général du groupe Filatex, est, lui, à l’origine d’un fonds de dotation dont l’essentiel du budget revient à Hakanto Contemporary (le Beau contemporain, en malgache).

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Enfin, la Fondation H, lancée en 2017 par Hassanein Hiridjee, PDG du groupe Axian, vient d’ouvrir, le 28 avril dernier : un nouvel espace de 1 500 m2 au sein d’un bâtiment historique de la capitale, avec pour exposition inaugurale un hommage à Zoarinivo Razakaratrimo, alias Madame Zo, célèbre tisserande décédée il y a trois ans.

Que voir cet été ?

Vue de l’exposition « Madame Zo. Bientôt, je vous tisse tous » à la Fondation H, Mdagascar

Vue de l’exposition « Madame Zo. Bientôt, je vous tisse tous » à la Fondation H, Mdagascar

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© Fondation H, Madagascar

Madame Zo, qui revendiquait une pratique plutôt expérimentale, figure également dans « Lamba Forever Mandrakizay », à l’affiche de Hakanto Contemporary. Cet accrochage explore les différentes acceptions du mot lamba, « textile géométrique, le plus souvent rectangulaire, à porter, à vivre, à user dès le premier jour jusqu’au dernier souffle et même au-delà ». Synonyme de pagne, nappe, linceul ou encore rideau… ce terme s’emploie couramment, dans ses diverses acceptions, en malgache ; récurrence qui en fait un objet de cohésion sociale, comme le démontre progressivement le parcours. Un projet fascinant car loin d’être cousu de fil blanc pour qui ne parle pas la langue.

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Madame Zo. Bientôt, je vous tisse tous

Du 28 avril 2023 au 29 février 2024

www.fondation-h.com

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Lamba Forever Mandrakizay

Du 8 juillet 2023 au 18 novembre 2023

hakantocontemporary.org



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