Ce qui nous manque, c’est cette chose antique que le « peuple adolescent » a rangée au musée : l’autorité. Et, avec elle, l’admiration.
Lakanal, c’est une vieille école à Aubagne, en Provence. Joseph Pagnol y fut instituteur. Il n’y a plus de blouses, mais certainement plus d’écrans que d’encre et de craies. Lundi, un collégien s’y est rendu armé d’un fusil pour tirer sur ses professeurs. Rien à voir avec le blocus des lycées et son arrière-plan politique, mais tout à voir avec l’impression commune de déglingue à tous les niveaux de la société française. Ici, un besoin meurtrier, là des violences gratuites, partout un malaise de la jeunesse qui n’est que le miroir grossissant, le tableau noir d’un pays qui ne sait plus qui il est, encore moins où il va.
Cette semaine encore et jusqu’aux vacances de la Toussaint, les élèves et les étudiants vont vivre au rythme des blocus, des manifs, des incendies volontaires, d’une rage stérile. Cela fait longtemps que l’école n’est plus un sanctuaire, mais le réceptacle des pulsions les plus dangereuses. Samuel Paty et Dominique Bernard ont été sauvagement tués au nom d’Allah, d’autres…
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