Louis, Méline et les autres… Quand l’Aide sociale à l’enfance met en danger ceux qu’elle devrait protéger


ENQUÊTE – Le drame de Louis met une nouvelle fois en lumière les failles de l’ASE. Manque d’encadrement, maltraitance institutionnelle : une éducatrice raconte ce système à bout de souffle de l’intérieur.

Louis avait 17 ans, un trouble de l’attention, et vivait dans un foyer de l’aide sociale à l’enfance (ASE) de Narbonne. Le 19 juin, sur un chantier, cinq jeunes le rouent de coups, filment la scène, le laissent pour mort. L’État, qui avait la charge de cet enfant, ne l’a pas protégé. Et parmi les cinq jeunes mis en examen après ce lynchage, trois sont ou ont été pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance.

Louis est devenu un de ces visages qui disent le naufrage d’un système de protection de l’enfance. Une « machine à broyer les gosses », dit désormais la députée du MoDem Maud Petit. Des scandales, il y en a eu d’autres ces derniers mois. Celui de ce garçon de 13 ans, frappé à terre, hurlant sous les coups, filmé par ses camarades dans un foyer à Châlons-en-Champagne, en février dernier. Cette scène insoutenable, diffusée sur les réseaux sociaux, a entraîné une saisine de la justice par la ministre de la Santé, au titre de l’article 40 du code de procédure pénale.

En décembre dernier…

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