l’insoumis Éric Coquerel réclame une loi rectificative pour financer la lutte contre les mégafeux


Le député insoumis juge possible de taxer les multinationales qui ont fait des superprofits ces dernières semaines, «exactement comme cela avait été fait au moment du Covid».

Le député Éric Coquerel, président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale réclame, dans Libération, l’examen à la rentrée d’un projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour augmenter les crédits liés aux commandes de matériel de lutte contre les feux et ceux pour lutter contre le réchauffement climatique. «Vu les moyens dont le pays a besoin pour faire face aux mégafeux, on ne peut pas attendre janvier pour lancer des commandes de matériel», déclare-t-il. Le député insoumis juge notamment possible de taxer les multinationales qui ont fait des superprofits, «exactement comme cela avait été fait au moment du Covid». «Tout le monde doit faire un effort. TotalEnergies est l’entreprise française qui a fait le plus de bénéfices. Ils pourraient largement payer une taxe de 2 milliards d’euros», considère-t-il.

Il rappelle avoir demandé, depuis le mois d’avril ce PLFR, au départ pour rectifier le budget 2026 «pour faire face aux conséquences de la guerre en Iran sur notre économie», puis en juin, après la première canicule «pour prendre des mesures d’urgence, installer des climatiseurs dans les Ehpad, les écoles, les hôpitaux…». «À ce moment-là, le premier incendie important de la saison, dans les Pyrénées-Orientales, était en cours. Je disais donc déjà qu’on ne pourrait pas attendre janvier 2027 pour rectifier les crédits destinés à la lutte contre les incendies», ajoute-t-il.


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Coquerel appelle à du «pragmatisme»

Face à l’argument de Matignon, qui estime que les insoumis refuseraient de voter ce PLFR, comme ils refusent de voter tous les budgets des gouvernements de la majorité, Éric Coquerel considère que, «vu la crise que connaît la Gironde et d’autres départements, nous pourrions tous être pragmatiques et nous entendre sur un PLFR». La figure insoumise souligne que le gouvernement ne peut pas se contenter de dégeler des crédits exceptionnels, car il l’a déjà fait à hauteur de 9 milliards d’euros pour faire face aux conséquences de la guerre en Iran.

«Si on dépasse un montant de 12 milliards, nous sommes obligés de passer par un PLFR. Entre la canicule et les incendies, si nous voulons faire quelque chose de sérieux, nous dépasserions largement ces 12 milliards», juge-t-il. «Si la situation est extraordinaire, alors il faut une session extraordinaire» du Parlement, insiste-t-il. Le député prévoit de lancer une mission flash en septembre pour estimer le coût précis, «mais c’est de l’ordre de plusieurs milliards».



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