– Les stocks s’accumulent, le machinisme toujours sur pause – Innovations et machinisme, Tendance des marchés


La filière machinisme agricole européenne reste dans le rouge. En octobre 2026, l’indice du climat des affaires, publié par le Cema, tombe à – 31 points, son plus bas niveau depuis 20 mois. Chez les concessionnaires de plusieurs pays, les stocks de matériels (neufs et occasions) augmentent, là où les perspectives de chiffre d’affaires restent moroses.

Le marché européen du machinisme agricole ne parvient toujours pas à redresser la barre. Après -14 points en août puis – 21 en septembre, l’indice recule encore de 10 points en octobre, à – 31. Cet indicateur, compris entre – 100 et + 100, atteint son plus bas niveau depuis 20 mois.

Six industriels sur dix jugent leur activité défavorable

Près de 60 % des répondants considèrent désormais leur situation commerciale comme défavorable. Dans le même temps, une entreprise sur cinq anticipe une progression de son chiffre d’affaires au cours des six prochains mois. Le climat commercial se détériore dans l’ensemble des segments, excepté le matériel d’élevage, qui conserve des retours très positifs.

Le constat est également préoccupant du côté de la distribution. Dans plusieurs pays européens, les concessionnaires signalent une hausse de leurs stocks de machines agricoles neuves et d’occasion. Ils disposent effectivement de davantage de machines que le marché ne peut en absorber. Le baromètre ne permet pas de mesurer, ni le volume des invendus, ni leur incidence sur les prix.

Une Europe à plusieurs vitesses

Les perspectives sont contrastées selon les zones. Les pays nordiques et le Royaume-Uni affichent des anticipations de demande plus solides pour les mois à venir. À l’inverse, le sentiment des industriels demeure négatif en Europe centrale et orientale.

En France, la situation mérite une attention particulière. Dans son enquête de septembre, le Cema classait déjà la France parmi les grands marchés d’Europe occidentale sur lesquels les besoins en machines neuves étaient jugés limités, aux côtés de l’Allemagne et des Pays-Bas. Les données d’octobre confirment cette dégradation, mais ne permettent cependant pas de quantifier l’évolution des ventes nationales.

Pour les agriculteurs, l’accumulation de stocks pourrait ouvrir des marges de négociation sur certains matériels. Encore faut-il savoir quelles catégories sont concernées, quel est l’âge des machines disponibles et quelle est la politique commerciale de chaque concessionnaire. Pour l’heure, le baromètre ne souligne ni de baisse généralisée des prix, ni de recul chiffré des immatriculations.

Un signal d’alerte pour les prochains mois

Prochain enjeu : vérifier si la dégradation du climat des affaires se traduit effectivement dans les commandes, les livraisons et les immatriculations. Le baromètre mesure la perception et les anticipations des industriels, pas les volumes de machines réellement vendues.

À – 31 points, l’indice ne laisse guère entrevoir de reprise rapide. Entre une activité jugée défavorable par une majorité d’industriels et des stocks qui gonflent dans plusieurs pays, le machinisme européen aborde les prochains mois sans réel signe de redémarrage.

Source : Cema, Business Barometer, octobre 2026.



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