Le groupe composé de pays du nord de l’Europe demande
à revoir de « plusieurs centaines de milliards d’euros » le budget pluriannuel de 2028 à 2034. Pour ce faire, il estime que l’Union européenne doit mieux cibler ses priorités.
Les six États «frugaux» de l’Union européenne ont appelé jeudi à réduire la proposition de la Commission pour le budget pluriannuel de 2028 à 2034 de «plusieurs centaines de milliards d’euros de manière équilibrée». «L’Union européenne doit faire des choix clairs et redéfinir ses priorités budgétaires, tout comme nous le faisons chez nous», ont dit l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas et la Suède, dans un communiqué commun.
À nous six, «nous finançons environ 40% du budget européen», a déclaré au début d’une conférence de presse à Berlin le chancelier allemand Friedrich Merz, en présence de ses homologues finlandais, autrichien et danois. Les dirigeants néerlandais et suédois ont participé à cette réunion en ligne. «Nous ne sommes pas radins, mais ce genre de répartitions proposées par la Commission ne correspondent tout simplement pas à notre époque», a prévenu le chancelier allemand, en amont de discussions houleuses à l’automne sur le prochain budget de l’Union
Opposition avec Emmanuel Macron
Emmenés par Berlin, les pays «frugaux» rejettent toute augmentation des dépenses publiques, telle que proposée par la Commission Européenne l’an dernier, pour le budget de l’UE sur la période 2028-2034. Bruxelles a suggéré une enveloppe totale de 2.000 milliards d’euros, en hausse d’environ 60% par rapport au budget actuel. Les «six frugaux», contributeurs nets au budget de l’UE, exigent une discipline budgétaire plus stricte, ce qui les oppose traditionnellement à des pays comme l’Italie, l’Espagne et la Pologne. Les frugaux souhaitent également que les dépenses soient davantage axées sur la défense, à l’heure où l’OTAN est confrontée à une Russie hostile, et que la compétitivité européenne soit renforcée face aux États-Unis et à la Chine dans les secteurs et technologies clés.
Lors d’un sommet des 27 en juin, Friedrich Merz s’était aussi frontalement opposé au président français Emmanuel Macron, qui souhaite recourir à l’emprunt pour aider à financer le futur budget. Les dirigeants européens veulent parvenir à une position commune d’ici la fin de l’année, avec des sommets en octobre à Bruxelles et deux autres dans la foulée en novembre et décembre. L’idée est d’agir avant les élections de 2027 dans plusieurs États membres, dont la France où l’extrême droite pourrait triompher. Le président du Conseil européen, António Costa, a entamé cette semaine une tournée des capitales de l’UE pour avancer sur cette échéance.
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