REPORTAGE – La tension entre la Russie et le Japon s’est ravivée après la visite de Vladimir Poutine, en août dernier, sur cet archipel dont l’URSS s’est emparé en août 1945, notamment quatre îles proches d’Hokkaido, les «Territoires du nord» dont Tokyo revendique la souveraineté.
« Pour les Japonais, leur pays est celui du Soleil levant. Mais c’est faux. Le soleil se lève d’abord ici, en Russie » : Pavel (1) a les deux pieds bien campés sur un chemin escarpé de Kounashir, l’île des Kouriles la plus proche des côtes nippones. Depuis la pente du volcan Mendeleïev (880 mètres) qui exhale ses fumerolles de soufre malodorantes, le jeune homme désigne le rivage d’Hokkaido, à une vingtaine de kilomètres seulement vers l’ouest, de l’autre côté du détroit d’Okhotsk. Les monts boisés du Japon septentrional se découpent clairement à l’horizon, nimbé d’une brume bleutée. Si proches et pourtant si lointains.
Car cet étroit bras de mer entre Hokkaido et l’archipel des Kouriles matérialise la discorde territoriale qui empoisonne depuis des décennies les relations entre le Japon et la Russie, deux puissances du Pacifique. En août 1945, durant les derniers jours de la Seconde guerre mondiale, l’armée soviétique s’est emparée des Kouriles, un chapelet de cinquante-six îles…
Poster un Commentaire