Faisant parler son expérience, l’ancien président estime que le gouvernement devrait «faire très attention» à l’actuel mouvement de colère des lycéens.
François Hollande en connaît un rayon matière de colère sociale. Son quinquennat, marqué notamment par les violentes manifestations contre la loi Travail en 2016, n’a pas été de tout repos. L’ancien chef de l’État en a tiré un enseignement majeur. «Quand j’étais président je n’avais qu’une hantise, c’est que les lycéens sortent dans la rue. (…) Quand les jeunes sont dans la rue, c’est comme le dentifrice qui sort du tube, pour le faire rentrer c’est très compliqué», a-t-il averti lundi soir, en marge d’une conférence à la Fondation Jean-Jaurès sur un tout autre sujet.
Le socialiste réagissait à la mobilisation lycéenne qui prend de l’ampleur ces derniers jours. Plusieurs lycées d’Île-de-France ont récemment été bloqués, suivis désormais par des établissements ailleurs dans le pays. «Si j’étais au gouvernement, je ferais très attention à cela, je répondrais. Parce que c’est dur pour leurs parents, c’est dur pour eux, c’est dur les conditions de vie des jeunes», a déclaré François Hollande. À l’aube d’un automne marqué par le ras-le-bol des Français, où les revendications sectorielles se multiplient, l’ancien président n’exclut pas une convergence des colères. «Compte tenu de tout ce qui se passe, la petite flammèche peut embraser la plaine», a-t-il expliqué.
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En observateur avisé de la vie politique, le redevenu député PS de Corrèze s’est également prêté à la Fondation Jean-Jaurès au décryptage de la stratégie de Jean-Luc Mélenchon, qui cherche à incarner la mobilisation lycéenne en multipliant les soutiens. «Ce qui est intéressant, c’est la manière avec laquelle Mélenchon a répondu en disant que la répression policière, c’était des actes racistes, c’est-à-dire (en confondant) les lycéens selon leur propre origine ou couleur de peau. Non, c’est tout les lycéens, il n’y a pas de différence. C’est grave», a estimé le socialiste. Dans une publication sur X, lundi après-midi, le candidat de La France insoumise a effectivement déclaré que la «férocité» de la «répression» contre les lycéens comporte «un arrière-goût raciste évident».
À l’unisson des déclarations de leur champion, l’ensemble de La France insoumise s’est mis en branle pour prendre fait et cause pour les lycéens. Les élus LFI dénoncent des violences policières et certains d’entre eux se sont rendus devant des établissements bloqués pour témoigner de leur soutien. «Nous sommes fiers d’être aux portes des lycées pour défendre nos gamins», a répété Jean-Luc Mélenchon mardi à la mi-journée lors d’un rassemblement à Paris. «Ceux qui tabassent nos enfants, ceux qui frappent, ceux qui insultent, ceux qui laissent libre cours à leur racisme, vont bientôt nous retrouver sur leur chemin. Il n’y aura ni oubli ni pardon pour personne», a menacé l’Insoumis.
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