Les Davids, terres d’art et de culture bio dans le Luberon


Depuis la route qui serpente jusqu’aux Davids, aux confins sauvages du Luberon, on l’aperçoit perché au milieu des vignes : un surprenant parallélépipède ocre, comme sculpté dans la terre, faisant face aux majestueuses falaises alentour. Né il y a deux ans, ce chai aux lignes ultra-contemporaines a été conçu par Marc Barani, Équerre d’argent 2008, et vaut à lui seul le détour. Dévoilant à travers une baie vitrée d’impressionnantes cuves « tulipes », la bâtisse aux allures de mastaba en béton et bois, offre sur la région un spectaculaire panorama depuis sa terrasse.

Ici, l’art s’exprime subtilement, avec humilité et respect des lieux, à l’image de l’immense mosaïque en carreaux de céramique d’Yves Zurstrassen (dont l’atelier se cache quelque part dans les environs), sorte de kaléidoscope dansant recouvrant l’une des parois du chai. À l’image aussi du tout nouveau parcours, « Révéler l’existant », imaginé par l’architecte-paysagiste Bas Smets (notamment chargé de l’aménagement du nouveau parvis de Notre-Dame de Paris).

Sur deux kilomètres du domaine, balisés par une fine rampe verte, ce sentier nous mène d’un cratère de météorite à un amphithéâtre naturel en passant par un champ de cosmos, « fleurs qui régénèrent les sols ». Un paysage que l’on retrouve minutieusement documenté par une série de photographies de Gilbert Fastenaekens déployée au premier étage du chai. Si l’ouverture au public de ce parcours d’art bucolique n’est prévue qu’en mai 2024, en octobre devrait déjà y être inaugurée une installation du sculpteur d’arbres David Nash. Le premier des artistes à entamer la marche d’un dialogue art et nature…

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Ce qu’il faut savoir

Il y a vingt ans, Sophie Le Clercq, grande patronne de l’immobilier en Belgique, est tombée sous le charme de ces terres de 320 hectares qu’elle a depuis restaurées avec ferveur. Passionnée par la biodiversité, elle y a développé une agriculture et une viticulture biologiques respectueuses des traditions, en plus de transformer plusieurs hameaux en chics maisons d’hôte.

Intérieur du chai et œuvres d’Yves Zurstrassen

Intérieur du chai et œuvres d’Yves Zurstrassen

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Son goût des choses simples mais exécutées avec savoir-faire s’apprécie au comptoir de dégustation qu’abrite le chai ou, encore mieux, au restaurant bien nommé la Terrasse, dont les assiettes rendent hommage aux produits issus du maraîchage bio du domaine et s’accordent à ses vins. Mention spéciale pour le pain au levain qui sort tous les matins du fournil du domaine. Une merveille à emporter aussi chez soi !

Que voir cet été ?

Chaque été depuis trois ans, les cultures des Davids bénéficient d’un précieux ferment : les Estivales du Haut Calavon, du nom de la rivière qui s’écoule dans la vallée. Pluridisciplinaire, ce festival, partagé entre le domaine et l’excellente librairie des Bleuets du village tout proche de Banon, invite à penser (et sentir) le vivant à travers un riche programme de spectacles, lectures, ateliers, concerts et projections qui se déploie deux semaines durant (cette année du 24 juillet au 9 août).

Le violoniste Lorenzo Gatto invité à l’édition 2023 des Estivales du Haut Calavon

Le violoniste Lorenzo Gatto invité à l’édition 2023 des Estivales du Haut Calavon

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© Jelmer de Haas – All Rights Reserved

On peut ainsi voir défiler cet été sur la terrasse des Davids, entre autres, la philosophe Vinciane Despret, la comédienne Marie-Christine Barrault, la journaliste Laure Adler, l’auteure Maylis de Kerangal, la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker, l’écrivain Pascal Quignard, le violoniste Lorenzo Gatto et le pianiste Julien Libeer. S’il est trop tard pour vous y rendre, rendez-vous l’année prochaine, l’édition 2024 devrait aussi être un excellent cru !

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Estivales du Haut Calavon 2023

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