les avis de Beaux Arts sur les grands événements du moment


Cet automne, les amateurs d’art ont l’embarras du choix avec les photographies de la collection Pinault dans « Remember Me » à la Bourse de Commerce ou le tout nouveau centre d’art Large sur l’île Seguin. Les musées de l’Orangerie et d’Orsay consacrent chacun leur rétrospective à Claude Monet et Mary Cassatt, tandis que le Petit Palais redonne à Eva Gonzalès sa place dans l’histoire de la modernité.

Côté grands maîtres, la fondation Louis Vuitton se penche sur la figure du collectionneur Gustave Fayet, avec ses Gauguin et ses Van Gogh, et le musée Jacquemart-André présente le génie de la Renaissance vénitienne Tintoret. Pour l’art contemporain, nous avons aussi admiré Kerry James Marshall au musée d’Art moderne de Paris, Andy Warhol au musée du Luxembourg ou encore Lionel Sabatté au musée de la Chasse et de la Nature. Voici ce que nous en avons pensé !

« Gustave Fayet. Collectionneur, créateur » à la fondation Louis Vuitton

Œuvres de Paul Gauguin dans l’exposition « Gustave Fayet – Collectionneur, créateur » à la fondation Louis Vuitton

Œuvres de Paul Gauguin dans l’exposition « Gustave Fayet – Collectionneur, créateur » à la fondation Louis Vuitton, 2026

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© Fondation Louis Vuitton / Marc Domage

Le pitch :

Qui connaît aujourd’hui Gustave Fayet (1865–1925) ? Pas forcément très accrocheur, le titre cache pourtant une manne de chefs-d’œuvre signés Berthe Morisot, Henri Matisse, Vincent van Gogh, Paul Gauguin ou Odilon Redon. Cette première grande rétrospective internationale consacrée à ce collectionneur visionnaire reconstitue un ensemble dispersé aux quatre coins du monde, des impressionnistes aux créations de Paul Poiret en passant par le fauvisme, le divisionnisme, le symbolisme et même quelques objets japonais. Une plongée vertigineuse dans l’œil d’un grand esthète qui, de surcroît, était lui-même artiste.

Ce qu’on a aimé :

Les amateurs avertis parlent déjà de « l’exposition de la décennie » ! Et pour cause : Fayet fut l’un des premiers collectionneurs de Van Gogh, l’acquéreur de toutes les œuvres de Matisse présentées au Salon d’automne de 1905, l’un des plus grands collectionneurs de Gauguin au monde au début du XXe siècle, et le principal soutien d’Odilon Redon de son vivant. Une richesse mise en valeur par une scénographie magistrale de Robert Carsen, qui organise le parcours en séquences immersives aux identités distinctes. Parmi les trésors prêtés par des institutions et des collectionneurs du monde entier, qui comptent des pépites méconnues ou rarement réunies, rayonne une star : l’Autoportrait à l’oreille bandée de Van Gogh, présenté en France pour la première fois depuis 1937. Autre moment fort, l’ensemble monumental d’Odilon Redon réalisé pour la bibliothèque de l’abbaye de Fontfroide, demeure de Fayet : une merveille onirique aux couleurs irradiantes, magnifiée par une mise en scène épurée et feutrée qui le présente sous un jour nouveau. Enfin, les œuvres de Fayet lui-même, qui occupent tout le dernier niveau, constituent une vraie découverte : dessins et peintures de paysages, expérimentations décoratives sur papier buvard ou encore tapis aux couleurs vibrantes, présentés aux murs et éclairés comme s’il s’agissait de vitraux.

Dommage :

Le seul véritable défaut de cette exposition hors norme ? Son gigantisme ! La densité du propos et des œuvres, qui donne l’impression de traverser cinq ou six expositions en une, peut finir par saturer le regard. Mieux vaut venir reposé, et profiter des bancs confortables pour quelques pauses contemplatives. J.B.

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Gustave Fayet – Collectionneur, créateur

Du 9 octobre 2026 au 8 mars 2027

www.fondationlouisvuitton.fr

« Mary Cassatt. L’indépendante » au musée d’Orsay

Vue de l’exposition « Mary Cassatt, l’indépendante » au musée d’Orsay

Vue de l’exposition « Mary Cassatt, l’indépendante » au musée d’Orsay, 2026

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© Musée d’Orsay / Laëtitia Striffling-Marcu

Le pitch :

Des mères qui câlinent leurs bambins, d’accord. Mais Mary Cassatt (1844–1926) n’a pas fait que ça ! Pour le centenaire de sa mort, le musée Orsay consacre (enfin !) à l’Américaine, installée en France pendant près de 60 ans, une grande rétrospective, en lien avec la National Portrait Gallery de Londres et le Museum of Fine Arts de Boston. Près de 80 tableaux, pastels et estampes, pour la plupart rarement montrés, racontent comment la jeune femme venue de Pennsylvanie a fait de sa liberté le fil rouge de sa vie comme de sa peinture.

Ce qu’on a aimé :

Le parcours, à la fois chronologique et thématique, redonne à l’artiste sa juste place, au cœur du groupe impressionniste, dont elle fut l’un des piliers. On y découvre son rôle dans leurs expositions « indépendantes » qui défiaient le Salon officiel, appuyé par sa correspondance. Fidèle à sa devise – « Je peux vivre seule et j’aime travailler » –, Cassatt s’est aussi émancipée par l’argent ; une réussite financière qui lui permet, au début des années 1890, de devenir propriétaire. Fascinée par les estampes nippones découvertes en 1890 aux Beaux-Arts, elle en tire Dix Planches en couleurs, véritable régal pour l’œil tant il est un laboratoire de formes audacieuses et d’idées avancées sur l’éducation des femmes. Le parcours met aussi bien en valeur la manière dont elle sut mettre son art au service de ses convictions, flirtant avec le militantisme. Une femme qui parle aux femmes !

Dommage :

La grande commande de Cassatt pour le pavillon de la Femme de l’Exposition universelle de Chicago, en 1893, a disparu et il faudra se contenter d’une restitution numérique qui manque un brin d’émotion. M.B.

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Mary Cassatt, l’indépendante

Du 6 octobre 2026 au 31 janvier 2027

www.musee-orsay.fr

« Eva Gonzalès. Parcours d’une artiste libre » au Petit Palais

Vue de l’exposition « Eva Gonzalès » au Petit Palais

Vue de l’exposition « Eva Gonzalès » au Petit Palais, 2026

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© Paris Musées / Nicolas Borel

Le pitch :

Avec Berthe Morisot et Mary Cassatt [voir ci-dessus], Eva Gonzalès (1847–1883) fait partie des grandes figures féminines qui ont marqué l’histoire du mouvement impressionniste, malgré sa disparition très précoce, à seulement 36 ans. Le Petit Palais retrace, à travers une centaine d’œuvres, le parcours éclair de cette peintre injustement méconnue, trop longtemps restée dans l’ombre d’Édouard Manet, avec lequel elle a noué un intense compagnonnage artistique. Peinture, pastel, gravure : au fil du parcours se dessine le portrait d’une artiste résolument indépendante et déterminée, qui compta parmi les voix les plus singulières de la modernité.

Ce qu’on a aimé :

Non, Eva Gonzalès n’était pas « que » l’élève de Manet, pas plus qu’elle n’est morte de chagrin après la disparition de son mentor… L’exposition dépasse la lecture romantique dont a longtemps souffert l’œuvre de cette grande artiste et s’attache à démontrer toute l’ampleur de son talent, en tant que peintre, mais aussi en tant que virtuose du pastel. Il est également particulièrement intéressant d’avoir proposé, à la fin du parcours, un rapprochement avec ses contemporaines Berthe Morisot, Mary Cassatt et Marie Bracquemond, redonnant ainsi à toutes ces femmes la place qu’elles méritent dans le grand récit de l’histoire de l’art.

Dommage :

C’est un sans-faute pour cette rétrospective inédite, qui inscrit – enfin ! – Eva Gonzalès parmi les noms incontournables de la modernité, malgré la brièveté de sa carrière. I.B.

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Eva Gonzalès (1847-1883) Une artiste libre

Du 15 septembre 2026 au 24 janvier 2027

www.petitpalais.paris.fr

« Monet. Peindre le temps » au musée de l’Orangerie

Série « Les Meules » de Claude Monet dans l’exposition « Monet, peindre le temps » au musée de l’Orangerie

Série « Les Meules » de Claude Monet dans l’exposition « Monet, peindre le temps » au musée de l’Orangerie, 2026

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© Laëtitia Striffling-Marcu

Le pitch :

S’il fallait choisir un seul prisme à travers lequel voir et comprendre toute l’œuvre de Claude Monet (1840–1926), c’est bien celui du temps ! 100 ans après la disparition de l’artiste, une quarantaine de chefs-d’œuvre retracent, au musée de l’Orangerie, l’évolution, depuis ses débuts impressionnistes jusqu’aux ultimes Nymphéas, de sa quête inlassable pour saisir et suspendre l’éphémère.

Ce qu’on a aimé :

Classique dans son ambition de raconter l’essentiel de l’œuvre de Monet, l’exposition renouvelle cependant le regard en faisant du temps son fil poétique. Meules de foin, cathédrale de Rouen, nymphéas… Des prêts exceptionnels venus de grandes institutions du monde entier côtoient quelques pépites méconnues, issues de collections privées. Dès l’entrée, les fumées des locomotives peintes gare Saint-Lazare rappellent intelligemment qu’avant de devenir un peintre hors du temps, celui d’une nature indémodable, Monet fut d’abord un peintre de son époque. Celui d’une modernité qui a bouleversé notre perception du temps et de l’espace. Le parcours déroule ensuite les grandes séries, où un même motif se métamorphose au gré des saisons et des fluctuations de lumière. Six Meules rayonnent le long d’une cimaise courbe évoquant astucieusement la forme d’une horloge : le motif et son ombre portée, qui tourne au gré des heures, se muent en cadran solaire naturel. Viennent ensuite les métamorphoses végétales de Giverny, puis les ultimes compositions où l’eau, le ciel et les plantes se fondent en nuages presque abstraits, où le temps s’étire et se dilue en bulles d’éternité. De récentes analyses scientifiques du C2RMF, présentées dans un parcours complémentaire au musée d’Orsay, révèlent enfin des repentirs inattendus, signes d’une peinture pas toujours aussi rapide et spontanée qu’on l’aurait crue.

Dommage :

Difficile de trouver à redire à cet ensemble éblouissant, sinon que les espaces de l’Orangerie sont un peu étroits pour accueillir une rétrospective d’une telle ambition, qui n’a pu réunir qu’une quarantaine de tableaux. Ce que n’arrange pas l’affluence, inévitable pour un artiste aussi populaire. Le tout demeure cependant un enchantement pour les yeux et une véritable expérience poétique, à conclure en majesté avec les Nymphéas des collections permanentes du musée ! J.B.

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Monet, peindre le temps

Du 30 septembre 2026 au 25 janvier 2027

www.musee-orangerie.fr

« Éternel Tintoret » au musée Jacquemart-André

« Suzanne et les Vieillards » de Tintoret dans l’exposition « Éternel Tintoret » au musée Jacquemart-André

« Suzanne et les Vieillards » de Tintoret dans l’exposition « Éternel Tintoret » au musée Jacquemart-André, 2026

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© Culturespaces / C. de La Motte Rouge

Le pitch :

C’est une première en France : une quarantaine de peintures et dessins retracent la carrière de Jacopo Robusti, dit Tintoret (1518–1594), figure majeure de la Renaissance vénitienne. Le parcours montre comment ce peintre audacieux, maître du mouvement et des éclairages dramatiques, a traversé les siècles jusqu’à inspirer les artistes modernes.

Ce qu’on a aimé :

Quel plaisir de retrouver réunis des chefs-d’œuvre monumentaux comme La Création des animaux (1550–1553), Le Miracle de saint Augustin (1547–1549) et l’envoûtante Suzanne et les Vieillards (1557) ! Le parcours éclaire bien la manière dont le peintre s’est nourri de ses contemporains, de Michel-Ange à Véronèse et Titien, tout en forgeant un langage singulier. Perspectives vertigineuses, contre-plongées spectaculaires, clairs-obscurs théâtraux, détails profanes glissés dans les scènes sacrées : son imagination débordante dynamite les codes de la Renaissance et annonce déjà les audaces du baroque. Une liberté de touche, une énergie presque fiévreuse font aussi sa modernité. La dernière salle, consacrée à sa postérité, en apporte une belle démonstration, notamment avec la confrontation saisissante entre son Autoportrait de 1588 et sa réinterprétation par Édouard Manet.

Dommage :

Comme souvent au musée Jacquemart-André, les espaces d’exposition temporaire, trop étroits et mal agencés, peinent à rendre justice aux œuvres. Le problème est d’autant plus sensible face à un peintre dont les compositions réclament du recul pour déployer toute leur puissance. Certes intéressante, la salle finale consacrée à son influence sur les artistes du XIXe siècle réduit encore la place dévolue à Tintoret lui-même, dont la production, estimée à quelque 650 œuvres, est considérable pour son époque. Ses immenses décors vénitiens, évidemment intransportables, ne sont qu’évoqués par une projection au plafond. Et le saut temporel vers Manet ou Cezanne, aussi pertinent soit-il, fait office de conclusion un peu abrupte, laissant le visiteur quelque peu sur sa faim. J.B.

Du 11 septembre 2026 au 24 janvier 2027

www.musee-jacquemart-andre.com

« Premières Nations » au musée du quai Branly

Vue de l’exposition « Premières Nations. Arts et cultures du Nord-Ouest de l’Amérique » au musée du quai Branly – Jacques Chirac

Vue de l’exposition « Premières Nations. Arts et cultures du Nord-Ouest de l’Amérique » au musée du quai Branly – Jacques Chirac, 2026

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© musée du quai Branly – Jacques Chirac

Le pitch :

Méconnues en Europe, les cultures des Premières Nations de la côte nord-ouest américaine se dévoilent au musée du quai Branly. Longtemps réprimées par la colonisation britannique à partir du XVIIIe siècle, ces cultures ont su préserver leurs traditions et perpétuer un art codifié, au rôle social et spirituel essentiel. L’exposition retrace l’histoire de ces peuples autochtones et met en lumière la vitalité d’un langage visuel qui continue de se transmettre et de se réinventer aujourd’hui.

Ce qu’on a aimé :

Masques à transformation, objets cérémoniels du potlatch, sculptures monumentales… L’exposition nous ouvre les portes d’un art et de traditions que l’on connaît peu de ce côté-ci de l’Atlantique. Son parcours didactique remonte aux origines de ces sociétés, raconte le choc brutal de la colonisation et montre comment leurs pratiques artistiques ont résisté et continuent d’évoluer. Une plongée passionnante dans un univers artistique où les objets ne sont jamais de simples ornements, mais portent les croyances et l’identité de tout un peuple.

Dommage :

Cet accrochage est d’une telle richesse qu’il est difficile d’en absorber toutes les subtilités en une seule visite. Il faudra peut-être y retourner pour en saisir toute la profondeur ! J.C.

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Premières Nations – Arts et cultures du nord-ouest de l’Amérique

Du 29 septembre 2026 au 17 janvier 2027

« Kerry James Marshall. The Histories » au musée d’Art moderne de Paris

Vue de l’exposition « Kerry James Marshall » au musée d’Art moderne de Paris

Vue de l’exposition « Kerry James Marshall » au musée d’Art moderne de Paris, 2026

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© Paris Musées / Nicolas Borel

Le pitch :

Enfin ! Le musée d’Art moderne de Paris consacre sa toute première rétrospective française à l’artiste américain Kerry James Marshall (né en 1955), immense peintre que l’on a pu découvrir dans l’exposition inaugurale de la Bourse de Commerce en 2021. Dans un parcours émaillé de spectaculaires grands formats (mais pas que), l’institution réunit 70 œuvres, dont huit ont été réalisées pour l’exposition.

Ce qu’on a aimé :

Il a dû attendre d’avoir 70 ans passés pour bénéficier d’une rétrospective en France, alors que son œuvre est profonde, polysémique, politique – extrêmement importante, donc. C’est en tout cas ce dont on prend pleinement conscience dès les premières salles de cette rétrospective, qui investit l’entièreté des espaces du rez-de-chaussée du MAM. Peintre des Noirs américains dont il teinte la peau d’un noir profond (pas marron, pas brun), Kerry James Marshall témoigne d’une parfaite virtuosité, quel que soit l’exercice auquel il s’adonne, du simple portrait à de grandes mises en scène de la vie quotidienne en passant par des quasi-monochromes. En multipliant les références à l’histoire de l’art, sans jamais s’y cantonner toutefois, l’homme inscrit ses modèles dans une réflexion passionnante sur la condition, la culture et l’histoire noire américaine, dont on ne sort pas indemne.

Dommage :

En plus d’être importante, cette rétrospective est superbe. S’il faut trouver un mini-reproche, on aurait peut-être aimé bénéficier d’un peu plus d’explications sur sa technique, sur sa façon de constamment triturer la peinture, de travailler avec des taches, avec des gestes expressionnistes proches de l’abstraction, pour mieux apprivoiser la part purement plastique de ses recherches. M.C.-L.

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Kerry James Marshall. The Histories

Du 18 septembre 2026 au 24 janvier 2027

www.mam.paris.fr

« Remember Me » à la Bourse de Commerce

Photographies d’Irving Penn dans l’exposition « Remember Me » à la Bourse de Commerce

Photographies d’Irving Penn dans l’exposition « Remember Me » à la Bourse de Commerce, 2026

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Le pitch :

En écho aux célébrations du bicentenaire de la photographie, la Bourse de Commerce présente sur ses cimaises quelque 700 images issues de la vertigineuse collection de l’homme d’affaires François Pinault. Outre un parcours rassemblant les grands noms du médium à travers un accrochage thématique, on retrouve un impressionnant focus sur Irving Penn – plus de 400 clichés accrochés à touche-touche dans une même salle –, un autre sur Raymond Depardon, ainsi qu’une monumentale installation de l’artiste américaine Barbara Kruger dans la rotonde.

Ce qu’on a aimé :

Des fabuleuses marines de Gustave Le Gray aux clichés solarisés de Man Ray et Lee Miller, en passant par les évanescents autoportraits de Francesca Woodman et les créations les plus contemporaines de Tyler Mitchell, l’exposition offre une grande traversée de l’histoire de la photographie, jalonnée d’innombrables icônes.

Dommage :

Trop, c’est trop. Aussi remarquable cet accrochage soit-il, avait-on vraiment besoin de cette surenchère d’images, à une époque où notre rétine est déjà en permanence assaillie de toutes parts ? À force de tout voir, on finit par ne plus rien voir du tout… I.B.

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Remember Me – Chefs-d’oeuvre de la photographie de la Collection Pinault

Du 7 octobre 2026 au 18 janvier 2027

www.pinaultcollection.com

« Moteur imaginaire » à Large

Installation « R12 cathédrale » de Mohamed El Khatib dans l’exposition « Moteur Imaginaire » au Large – Cultures contemporaines

Installation « R12 cathédrale » de Mohamed El Khatib dans l’exposition « Moteur Imaginaire » au Large – Cultures contemporaines, 2026

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Le pitch :

Large, nouveau centre d’art de l’île Seguin, à Boulogne-Billancourt, porté par le groupe immobilier Emerige, a choisi pour son exposition inaugurale de réveiller la mémoire ouvrière de ce territoire anciennement occupé par les usines Renault, en s’attaquant au thème archi-grand public de l’automobile.

Ce qu’on a aimé :

Sous le commissariat de Cecilia Alemani, qui a signé celui de la Biennale de Venise en 2022 sous le titre « Le lait des rêves », ce grand panorama sur trois étages a bien des mérites – le premier étant de s’adresser sans détour à la très riche histoire du territoire dans lequel Large s’implante. De fait, le bâtiment flambant neuf (et tape-à-l’œil) et l’hôtel de luxe qui le jouxte peuvent faire un drôle d’effet aux ouvriers qui y ont travaillé dur jusqu’en 1992, balayant d’un revers aux reflets cuivre l’histoire de leurs luttes (ce sont les ouvriers de Renault qui ont obtenu les troisième et quatrième semaine de congés payés, en plus de réductions du temps de travail et d’augmentations des salaires). Convoquer cette histoire avec des œuvres sociales (Mohamed El Khatib, Leila Alaoui) est un geste sensible que l’on salue, d’autant plus qu’il va de pair avec des chapitres abordant joyeusement la mythologie de l’automobile, son esthétique (Zhenya Machneva, Arman) et son futur, soit en piochant dans les œuvres de la collection Renault, soit à travers des commandes à des artistes contemporains.

Dommage :

L’ultime chapitre, intitulé « La machine humaine » et dédié aux nouvelles relations entre humains et technologies, aurait pu être un peu plus copieux, tant le sujet est d’actualité. Sinon, on ressort très séduit par cette exposition qui dit toute l’ambition du lieu – malgré les très nombreux défauts de sa conception architecturale.  M.C.-L.

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Moteur imaginaire. Des chefs-d’œuvre de la collection Renault aux artistes d’aujourd’hui

Du 17 octobre 2026 au 7 mars 2027

www.large-emerige.fr

« Andy Warhol. La ligne et l’image » au musée du Luxembourg

Vue de l’exposition « Andy Warhol. La ligne et l’image » au musée du Luxembourg

Vue de l’exposition « Andy Warhol. La ligne et l’image » au musée du Luxembourg, 2026

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© GrandPalaisRmn / Simon Lerat

Le pitch :

Raconter Andy Warhol (1928–1987) par le dessin, plus exactement par 150 œuvres qui vont du simple croquis à la vidéo, telle est l’ambition de cette exposition pensée par l’historien de l’art Alain Cueff, qui veut aller au-delà des clichés sur l’artiste américain.

Ce qu’on a aimé :

Il ne cessera probablement jamais d’intriguer historiens et amateurs, tant son œuvre peut être étudiée par différents angles, et révéler toujours un sens nouveau – preuve en est, une autre grande exposition consacrée à Warhol est simultanément visible en France, au fonds Leclerc de Landerneau. Ici, le pari d’étudier son rapport au dessin, y compris dans des œuvres qui ne sont pas sur papier, est extrêmement excitant, puisqu’il fait apparaître Warhol comme un artiste sensible et sensuel, non une simple machine à produire des œuvres en série. Le parcours est divisé en cinq chapitres, de ses premiers pas en tant qu’illustrateur publicitaire à ses réflexions vertigineuses sur la mort, et profite du thème pour refaire un grand portrait de Warhol et de ses obsessions.

Dommage :

Globalement l’exposition déçoit. Elle est trop peu accompagnée par son commissaire, qui ne livre que de rares textes (en introduction aux salles ou dans les cartels) pour nous faire comprendre ses choix. On se sent donc un peu seul face à des œuvres parfois déroutantes ou, pire, à des voisinages d’accrochage qui mériterait vraiment un commentaire de la part de celui qui les a orchestrés. M.C.-L.

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Andy Warhol – La ligne et l’image

Du 16 septembre 2026 au 10 janvier 2027

museeduluxembourg.fr

« Lionel Sabatté. Ce qui reste » au musée de la Chasse et de la Nature

Lionel Sabatté, Fragments

Lionel Sabatté, Fragments, 2021, dans l’exposition « Ce qui reste » au musée de la Chasse et de la Nature

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Ciment, filasse, fer à béton et pigments • © Lionel Sabatté, ADAGP, Paris, 2026. Photo Marc Domage

Le pitch :

Collectionneur de poussière, d’ongles, de peaux mortes et autres résidus de matière organique, Lionel Sabatté (né en 1975) est passé maître dans l’art de métamorphoser les rebuts du vivant. À partir de cette étonnante palette de matières, l’artiste fait surgir une faune sauvage (cerfs, ours, loups et sangliers) qui investit les collections permanentes du musée de la Chasse et de la Nature, à travers sculptures, peintures et tapisseries.

Ce qu’on a aimé :

Une ourse en ciment romain, un loup de poussière, de petits dessins en poils de brebis ou d’immenses tapisseries évoquant l’art pariétal… En regard des animaux empaillés du musée, les créatures de Lionel Sabatté, façonnées dans des matières organiques et minérales, renversent les codes du cabinet de curiosités. De ce dialogue entre les œuvres de l’artiste et les collections naît une vision singulière de la faune, attentive à l’intériorité des bêtes plutôt qu’à leur seule apparence. Brouillant les frontières entre les règnes et les matières, Sabatté nous invite à repenser notre rapport au vivant, dans une perspective plus horizontale.

Dommage :

Une expo au poil : c’est un sans-faute !  J.C.

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Ce qui reste. Lionel Sabatté

Du 15 octobre 2026 au 21 mars 2027

www.chassenature.org

« Look ! 40 ans de mode au musée » au MAD

Vue de l’exposition « LOOK ! 40 ans de mode au musée » au musée des Arts décoratifs

Vue de l’exposition « LOOK ! 40 ans de mode au musée » au musée des Arts décoratifs, 2026

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© Les Arts Décoratifs / Christophe Dellière

Le pitch :

En 2026, le musée des Arts de la Mode, né en 1986 au sein des Arts décoratifs, fête ses 40 ans. Pour célébrer cet anniversaire, le MAD déploie dans sa nef 40 silhouettes emblématiques, triées sur le volet dans quatre décennies d’expositions de mode. De quoi ouvrir en grand les portes des coulisses, de l’atelier aux réserves, du croquis au défilé.

Ce qu’on a aimé :

Plus qu’un best of alignant des pièces somptueuses, « Look ! » offre une plongée dans la vie secrète du vêtement. Le parcours se déploie en trois temps, des coulisses de la création à celles du musée, avec une scénographie soignée, qui file de l’atelier de couture à la réserve. Dessins, échantillons de broderie, patrons ou dépôts de modèles éclairent l’histoire des silhouettes. On y apprend également comment un musée enrichit ses collections, entre legs et achats. Les fans de mode sont évidemment servis en frissons et adoreront (re)voir les grandes expositions maison, comme les hommages à Christian Dior ou à Elsa Schiaparelli.

Dommage :

À force de se raconter en filigrane, le propos du MAD est parfois plus muséographique que glamour. Sinon, c’est une rétrospective en or ! M.B.

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Look ! 40 ans de mode au musée

Du 30 septembre 2026 au 4 avril 2027

madparis.fr

« Penn & Fashion » à la Maison européenne de la photographie

Vue de l’exposition « Penn & Fashion » à la MEP

Vue de l’exposition « Penn & Fashion » à la MEP, 2026

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Le pitch :

En marge des festivités du bicentenaire de la photographie, la MEP célèbre également ses 30 ans avec une grande exposition consacrée à Irving Penn (1917–2009), dont l’institution possède plus d’une centaine de tirages, et à ses liens avec la mode. Œil mythique de Vogue, magazine avec lequel il a collaboré durant plus de 60 ans, il a révolutionné l’histoire de la photographie en imposant son style sophistiqué. Le parcours chronologique témoigne de son extraordinaire longévité, au fil des saisons et des années.

Ce qu’on a aimé :

La beauté des tirages de Penn, grand magicien du noir et blanc, qui vaut à elle seule le déplacement, mais aussi la clarté du propos de l’exposition. Le parcours met admirablement en lumière toute la cohérence, mais aussi l’audace, de cet immense photographe qui ne cessa jamais d’oser toutes sortes d’expérimentations visuelles, comme en témoignent, à la fin du parcours, ses fabuleuses séries de beauté en couleur.

Dommage :

Une exposition qui ravira autant les passionnés de photographie que de mode ! I.B.

Du 30 septembre 2026 au 17 janvier 2027

www.mep-fr.org

« Un vestiaire à soi » au Palais Galliera

Vue de l’exposition « Un vestiaire à soi » au palais Galliera

Vue de l’exposition « Un vestiaire à soi » au palais Galliera, 2026

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© Paris Musées / Nicolas Borel

Le pitch :

Pantalon, cravate, chemises… Au XIXe siècle, des femmes osent s’habiller comme les hommes ! Le Palais Galliera pose un œil inédit sur l’histoire de l’appropriation du vestiaire masculin comme arme d’émancipation, entre sport, luttes sociales et affirmation d’identités minoritaires.

Ce qu’on a aimé :

Magistrale d’intelligence et de sagacité ! L’exposition de Marine Kisiel, conservatrice du patrimoine et responsable des collections de mode XIXe siècle au Palais Galliera, fait défiler près de 500 pièces et documents, embrassant costumes d’amazones, pantalons, tailleurs, accessoires, mais aussi peintures, photographies et affiches pour nous montrer comment les femmes ont arraché le droit de s’habiller comme les hommes. Le clou de la visite est sans nul doute la garde-robe complète de la peintre Rosa Bonheur, montrée pour la première fois au public. Marie-Antoinette, George Sand ou Natalie Clifford Barney y croisent des anonymes, des bourgeoises comme des femmes du peuple. Des caricatures de presse rappellent combien ces audaces faisaient scandale, tandis que des clichés, tel ce couple de femmes posant près d’un arbre vers 1910, témoignent de vies bien réelles – ce qui donne toute sa chair à cette histoire. En conclusion, un film aux allures de manifeste pour un style « dandyke » d’aujourd’hui montre la permanence de la question du genre des vêtements.

Dommage :

Seul conseil : prévoir du temps pour pouvoir admirer attentivement les vitrines. M.B.

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Un vestiaire à soi. Féminités dissidentes au 19e siècle

Du 26 septembre 2026 au 14 février 2027

www.palaisgalliera.paris.fr





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