Le Pen réfute l’idée, avancée par un député RN, de devenir la «tutrice» de Bardella en cas de victoire


L’élu de l’Oise, Philippe Ballard, avait indiqué un peu plus tôt ce mercredi que la chef de file des députés RN «aurait évidemment un rôle» si son dauphin venait à accéder à l’Élysée.

Quelle place occuperait Marine Le Pen auprès de Jordan Bardella si son héritier politique était élu à l’Élysée en 2027 ? Dans cette hypothèse, il faudrait non seulement que la chef de file des députés RN, condamnée en première instance à de l’inéligibilité dans l’affaire des assistants d’eurodéputés, soit définitivement empêchée de briguer l’Élysée. Mais aussi que le président du RN, appelé à la remplacer si cette décision était confirmée le 7 juillet, l’emporte au second tour face à ses adversaires. Une perspective sur laquelle le député RN de l’Oise, Philippe Ballard, a eu une idée bien arrêtée. Sur le plateau de France Info ce mardi, l’ancien journaliste a assuré que la double finaliste de la présidentielle aurait, le cas échéant, «évidemment un rôle» auprès de Jordan Bardella, allant jusqu’à la présenter comme sa future «tutrice».

Or, jamais Marine Le Pen n’a souhaité être cantonnée à une telle mission. Elle n’envisage d’ailleurs pas d’être première ministre, une fonction qui reviendrait à Jordan Bardella si elle succédait à Emmanuel Macron. Sitôt ses propos tenus, le député, conscient de sa maladresse, a tenté de rectifier le tir : «Comprenez le mot tel que je l’ai employé : si on se place dans l’hypothèse où Jordan Bardella est élu président de la République, évidemment que Marine Le Pen sera toujours une figure. Vous la connaissez depuis de longues années dans la vie politique, on ne peut pas gommer une personne comme Marine Le Pen comme ça.»


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Mais il était déjà trop tard. Isolée et largement relayée, la séquence a rapidement fait le tour des réseaux sociaux. Au point de susciter les moqueries des adversaires du RN, du bloc central aux Insoumis, et un certain embarras parmi les cadres du parti. À l’instar de Jean-Philippe Tanguy, qui a tenté mercredi de minimiser la séquence. «On fait beaucoup de plateaux avec Philippe Ballard, on est loin d’être parfaits. Ça m’arrive d’utiliser un mot qui n’est pas forcément heureux ou qui peut être mal interprété. Parfois, on utilise un mot sans avoir réfléchi à son sens. Faut pas non plus surinterpréter», a plaidé le député de la Somme.

Une ligne de défense reprise, puis développée dans la soirée par Marine Le Pen elle-même. Invitée de LCI, l’élue du Pas-de-Calais a réfuté tout rôle de «tutrice», s’appuyant sur son propre parcours politique pour étayer sa position. «Lorsque je suis devenue présidente du FN (devenu RN), mon père (Jean-Marie Le Pen, NDLR) aurait aimé le rester et était extrêmement présent dans les décisions que je pouvais prendre. Je ne ferai pas la même chose à Jordan», a-t-elle promis.

Si elle assure laisser Jordan Bardella «totalement libre», cela ne «signifie pas» pour autant que le tandem à la tête du RN ne «discute pas régulièrement». «Nous avons des conversations quasi quotidiennes», ajoute-t-elle, vantant la «complémentarité» du binôme qu’elle forme avec l’eurodéputé. Interrogée sur ce qui les distingue, Marine Le Pen a reconnu que son successeur avait «moins d’expérience» qu’elle, écart d’âge oblige. Ce qui fait d’elle, à ses yeux, la «candidate naturelle». Avant de nuancer : «L’expérience ne fait pas tout», «sinon la France ne serait pas dans la situation dans laquelle elle est».



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