le monde agricole désemparé face à une sécheresse exceptionnelle


REPORTAGE – Prises en tenaille entre des températures caniculaires et le manque d’eau, les plantes et les bêtes souffrent. Malgré tous les efforts des agriculteurs, les récoltes s’annoncent en baisse et les exploitants se désespèrent.

« Je n’ai jamais connu ça en vingt-cinq ans » : comme tous les agriculteurs, Benoît Plessy contemple, impuissant, les effets ravageurs du climat sur ses champs. En ce mois de juillet accablant, ce céréalier dans l’Yonne, qui fait pousser du blé, de l’orge et du maïs, fait face à une situation sans issue. Malgré tous ses efforts, ses plantes meurent une à une, prises en tenaille entre des chaleurs suffocantes et un cruel manque d’eau. « Les cultures sont dans un état catastrophique. Au-dessus de 35 degrés, c’est impossible de les maintenir », se désole l’exploitant. Et le pire est à venir : « J’arrive déjà au bout de mes réserves d’eau », s’angoisse-t-il.

Son cas est loin d’être isolé. Ce mois-ci, douze appellations AOC de Bordeaux ont décidé d’irriguer leurs vignes. Une première historique, et une nécessité vitale afin de ne pas voir les ceps mourir. La bascule n’a pas été sans complication, le cahier des charges de l’appellation interdisant en théorie cette pratique. Une dérogation exceptionnelle a toutefois été accordée face à la situation hydrique, catastrophique.

Partout dans le pays, la terre souffre. Selon l’Observatoire européen de la sécheresse, 96,5 % des sols de France métropolitaine étaient classés comme secs en juillet. Le deuxième niveau le plus haut après avril 2012. Un cauchemar pour les agriculteurs, en première ligne.

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